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Crowdfunding, industries culturelles et démarche participative

De nouveaux financements pour la création

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Edited By Laurent Creton and Kira Kitsopanidou

La notion de participation, associée aux usages du web 2.0, est devenue une composante essentielle de l’économie numérique. Par-delà les fantasmes cultivés par les discours médiatiques sur l’économie participative et la rhétorique techno-démocratique, cet ouvrage vise à déterminer si la nouveauté des termes « crowdfunding », « finance participative », « économie contributive », « crowdsourcing », « consommation collaborative », etc., rend compte de changements majeurs et d’innovations significatives en matière de pratiques sociales, de modèles organisationnels et de logiques financières et industrielles à l’œuvre au sein des industries de la culture.
Le crowdfunding contribue-t-il au financement et à l’exposition de biens culturels plutôt en marge des logiques industrielles et du circuit commercial traditionnel, ou est-il principalement au service de l’économie de best-sellers participant d’emblée à la réduction de l’incertitude qui caractérise tous les biens d’expérience et permettant la captation très en amont d’une audience potentielle pour les projets les plus fédérateurs ?
L’ouvrage met en perspective les logiques transformatives du crowdfunding et de l’économie participative selon une approche interdisciplinaire (économie, sociologie, sciences de l’information et de la communication, droit, histoire) en se fondant sur l’étude de cas précis et sur les témoignages de professionnels issus de différents secteurs culturels et créatifs.
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Le financement participatif augmente-t-il la diversité de l’offre ?

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Florian DUPONT

Trois cas de figure permettraient au financement participatif d’augmenter a priori la diversité de l’offre : soit le financement participatif offre une alternative au circuit classique, les œuvres se soustrairaient alors aux contraintes inhérentes au système ; soit il permet d’améliorer certaines étapes du projet à l’exploitation de l’œuvre, réduisant ainsi les écarts entre films très précaires et films bénéficiant de l’abondance de capitaux ; soit encore il fournit un accès à ce circuit classique à des œuvres qui, sans lui, n’auraient pas pu exister.

1.    Le financement participatif peut offrir une alternative à la voie classique

Dans le cadre du circuit classique, on peut estimer que le financeur tend à imposer certaines contraintes de production, à travers la sélection des projets qui bénéficieront d’un soutien1. Par exemple, si une chaîne de télévision apporte un soutien financier à un documentaire, il a de fortes chances de devoir se conformer aux standards de diffusion de la chaîne (26 et surtout 52 minutes). De la même façon, les comités de sélection des aides du CNC (notamment pour l’avance sur recettes) ainsi que certains mécanismes (aide au premier film par exemple) s’appuient sur des « normes socio-culturelles dominantes »2 (valorisation de la nouveauté, ou du drame social par exemple), tendant ainsi à homogénéiser la production.

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