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Cartographies littéraires du Brésil actuel

Espaces, acteurs et mouvements sociaux

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Edited By Rita Olivieri-Godet

Cette cartographie de la production littéraire brésilienne actuelle révèle des dynamiques spatiales originales, en rapport avec l’émergence de nouveaux acteurs et mouvements sociaux, et donne une vision panoramique des tendances de cette production tout en scrutant chacun des éléments qui participent à la définition de ses contours.
Les différentes études visent à préciser les mutations thématiques et formelles qui inaugurent de nouveaux enjeux esthétiques et repositionnent le discours littéraire dans ses façons de voir, d’évoquer et d’interpréter des espaces, des acteurs et des mouvements sociaux. De quel(s) Brésil(s) cette production parle-t-elle ? Quelles images du Brésil saisit-elle et engendre-t-elle ? Quels paysages réels et imaginaires privilégie-t-elle du Brésil ? À quelles modalités thématiques et formelles a-t-elle recours pour dire et (re)signifier le présent ? De quelles stratégies particulières la littérature brésilienne dispose-t-elle pour intervenir dans le discours social de son temps (inscription, dialogue, transgression de la convention sociale) ?
Centrée sur les rapports entre faits sociaux et pratiques discursives d’une part et l’imaginaire de l’espace brésilien d’autre part, cette cartographie littéraire du Brésil offre ainsi au public de langue française un témoignage de la diversité et du bouillonnement qui caractérisent aussi bien le domaine de la création que celui de la critique littéraire brésilienne.
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La ville ou la perte de l’oikos dans Cinzas do Norte de Milton Hatoum et Habitante irreal de Paulo Scott

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Cécile SIDERY-JACQUEY

Université Bordeaux Montaigne

Mundo dans le roman Cinzas do Norte de Milton Hatoum1 et Donato dans Habitante irreal de Paulo Scott2, souffrent tous deux d’un conflit identitaire : porteurs de deux cultures, la fracture que provoque la présence de l’une et de l’autre les met face à une impossible construction de soi.

Dans le livre de Milton Hatoum, nous découvrons la vie de Mundo (Raimundo) au travers des lettres qu’il a écrites à son ami Lavo et des souvenirs de ce dernier. Il est le fils d’une mère qui a « les yeux d’une tribu oubliée »3, et d’un père, Jano (Trajano), issu d’une famille de propriétaires terriens qui a fait fortune grâce notamment au caoutchouc. Mundo contrarie les espoirs paternels, méprisant le monde des affaires, refusant de s’y impliquer et préférant le monde de l’art : il se passionne particulièrement pour la culture amérindienne. Cette dernière représente pour lui le symbole d’une identité en train de disparaître dans un Manaus en pleine transformation. Se sentant continuellement à la fois différent et exclu, étranger au père qui l’a élevé, sa révolte atteint son paroxysme lorsqu’il se met en scène en tenue d’Amérindien à Rio de Janeiro, nu, effrayant les passants, paré de plumes et brandissant une pagaie, « fils de la lune »4, fêtant la fin du régime militaire. Dans le second roman, le personnage...

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