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Quand les écrivains font leur musée ...

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Edited By Catherine Mayaux

Les travaux rassemblés dans cet ouvrage étudient la représentation ou l’imaginaire muséographique d’écrivains de la fin du XIXe siècle à l’époque contemporaine. Ils interrogent la manière dont la réflexion sur le musée croise les préoccupations d’un écrivain et interagit avec sa création. Selon quelles lignes de force un écrivain invente-t-il de toutes pièces une forme muséographique ou reconfigure-t-il le musée qu’il a parcouru ? Comment parfois défait-il symboliquement l’institution muséale que ses références ou ses caprices rendent tout à coup plastique et délégitiment de sa forme académique? Comment encore nourrit-il son imagination créatrice d’œuvres muséales et (re)crée-t-il son musée par les mots, mots puissamment vivants dans l’esprit du lecteur soumis à tous les pouvoirs de l’ekphrasis et des tropes métamorphiques du réel ? Comment la littérature travaille-t-elle à une autre forme de patrimonialisation de l’art, à l’élaboration d’une autre histoire de l’art, qui déjoue les académismes historiques et les contraintes institutionnelles ? Telles sont les questions auxquelles répondent les études proposées, à partir d’exemples variés d’auteurs majeurs des XIXe et XXe siècles.

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Derrière le miroir, Jacques Dupin (Élisa Sclaunick)

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Derrière le miroir, Jacques Dupin

Élisa SCLAUNICK

Université Paris-Diderot (Paris 7)

À la mémoire de Jacques Dupin, à sa généreuse disponibilité1.

Jacques Dupin – figure singulière d’un poète et professionnel du monde de l’art qui s’attache farouchement à distinguer ces deux activités – a travaillé au sein de la galerie Maeght. Évoquer son rôle dans le cadre d’une réflexion consacrée au musée des écrivains, c’est prendre en compte la spécificité des lendemains de la Seconde Guerre mondiale : les galeries deviennent un acteur central de la scène artistique, elles ont d’autant plus de force et d’influence dans le processus de patrimonialisation et de reconnaissance des artistes que les moyens octroyés aux institutions culturelles publiques baissent2. Par conséquent, explique Raymonde Moulin, « au cours des années cinquante et soixante, le “couple” cité ← 53 | 54 → comme décisif par les artistes, dans la fabrication des réputations, était le “couple” critique / marchand »3. Il conviendra alors de parcourir brièvement l’histoire de la galerie Maeght en s’attachant à son fondateur d’une part, à ses collaborateurs d’autre part pour envisager les ressorts employés afin de construire la valeur – et la reconnaissance – marchande certes, mais aussi esthétique des œuvres, accompagnées du sortir de l’atelier jusque chez l’amateur d’art privé ou dans le musée. Il s’agira de considérer la particularité de cette galerie qui a abrité des poètes alors...

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