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Francographies africaines contemporaines

Identités et globalisation

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Roger Fopa Kuete and Bernard Bienvenu Nankeu

La notion de Francographie est essentiellement contestataire, polémique. Elle affirme une autonomie idéologique et une certaine distance critique vis-à-vis de ce que l’on nomme alors « littérature (s) francophone (s) » d’Afrique ou d’ailleurs. Elle ne se réclame ni du centre ni de la périphérie, mais laisse en avant-garde l’idée d’une diversité dépouillée de toute connotation politiste et hégémoniste. L’on peut y voir une littérature « d’un monde » parmi « des mondes», qui ne se mesure ni ne s’épanouit qu’au gré des tensions autour et sur le sens. Les francographies africaines actuelles sont donc des lieux où se mettent en place les schèmes révélateurs d’une reconfiguration non seulement des systèmes de relation au monde et au sein de l’espace francophone, mais surtout des reconstructions identitaires. Au-delà des problèmes d’ordre épistémologique, ces francographies soulèvent de grandes préoccupations au plan de l’esthétique ; signe de la prégnance de motifs d’une multi-culturalité bientôt rebelle et dissidente au détriment d’une perspective interculturelle.

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Introduction (Roger Fopa Kuete)

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Introduction

Roger FOPA KUETE

La notion de Francographie est essentiellement contestataire, polémique. Elle affirme une autonomie idéologique et une certaine distance critique à l’égard de ce que l’on nomme « littérature(s) francophone(s) » d’Afrique ou d’ailleurs. Elle ne se réclame ni du centre ni de la périphérie, mais laisse en avant-garde l’idée d’une diversité dépouillée de toute connotation politiste et hégémoniste. L’on peut y voir une littérature « d’un monde » parmi « des mondes », qui ne se mesure ni ne s’épanouit qu’au gré des tensions autour et sur le sens. De nombreux auteurs signalent le caractère suspect des « littératures francophones », notamment Nimrod, qui y voit une expression à « bannir » et Mabanckou, qui les considère comme une institution perpétuant une « ségrégation », « un ghetto ». Les francographies africaines contemporaines, plus qu’avant, disent dans la langue française la vie des langues autres que le français et avec elles les cultures qu’elles véhiculent, mettant ainsi en déroute les logiques immanentistes d’obédience structuraliste. Le nœud du problème demeure sans conteste le conflit sur « l’univers du discours »1. Paul Zang Zang et Pierre Essengue montrent bien que le français d’Afrique, plus qu’une pâle copie du français de France du temps des colonies, est devenu un français autonome de par ses « tendances phonétiques […], morphologiques […] et lexicales »2. Ainsi, loin d’enrichir la langue...

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