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Être nationaliste à l’ère des masses en Europe (1900–1920)

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Olivier Dard, Didier Musiedlak and Éric Anceau

Le nationalisme européen a souvent été interprété comme la principale source de l’avènement des dictatures et en particulier des fascismes. Le retour actuel sur la scène politique d’un certain attachement à la nation, allant jusqu’à l’expression même de mouvements radicaux à caractère xénophobe ou raciste, est-il le signe annonciateur du retour des dictatures au cœur de l’Europe ?

C’est dans le but de répondre à cette question que les auteurs de cette recherche collective ont entrepris de revisiter le nationalisme européen des années 1900 jusqu’aux lendemains de la Première Guerre mondiale en l’interrogeant non plus par rapport à la naissance des futurs régimes, mais en le considérant dans sa singularité, à un moment critique de l’histoire de l’Europe, le passage à la société de masse.

Que signifie concrètement être nationaliste, en France, en Allemagne, en Italie, en Espagne, au Portugal, en Belgique, en Suisse ou encore en Pologne durant cette période critique ? Pour tenter de répondre à cette question, un des objectifs majeurs de ce livre est de privilégier l’étude des éléments constitutifs de « l’être nationaliste » : le registre du rapport au monde (sensibilité, culte du moi, dimension occupée par l’esthétique), mais aussi, les échanges entre diverses nations, la diversité des itinéraires, sans omettre la part dévolue à l’action politique au moment même où la guerre apparaît pour tous comme la grande épreuve de vérité.

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Maurice Barrès, Gabriel d’Annunzio, Ernst Jünger et la question de l’esthétique (Didier Musiedlak)

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Maurice Barrès, Gabriel d’Annunzio, Ernst Jünger et la question de l’esthétique

Didier MUSIEDLAK

Université Paris-Nanterre

L’examen de ces trois itinéraires, Maurice Barrès, Gabriele d’Annunzio, et Ernst Jünger n’a pas pour ambition de proposer une forme de lecture du nationalisme européen mais de s’interroger sur les éléments constitutifs de « l’être nationaliste ». Peut-on parler à cet égard d’une représentation de l’homme qui serait spécifique au nationalisme ? L’entrée dans la modernité et l’avènement des masses ont conduit à réexaminer bien des catégories de la pensée. Cette mutation a pris deux directions pour suivre la distinction opérée par Zygmund Bauman1. La modernisation marque une rupture avec l’idée d’une temporalité qui serait porteuse de futurs inédits perçus de façon ambivalente soit comme une décadence soit comme un progrès. Cette modernisation est elle-même véhiculée par le modernisme, c’est-à-dire les tendances nouvelles qui voient le jour dans la vie intellectuelle, philosophique, littéraire, artistique qui permettent à la modernité de prendre conscience d’elle-même, d’avoir la perception d’une rupture, de la crise du monde traditionnel.

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