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1866, une querelle d'Allemands?

Perceptions croisées et mémoire(s) d’un moment clé de l’histoire européenne

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Edited By Jean-Noël Grandhomme

De juin à août 1866, une guerre fratricide (Deutscher Krieg ou Deutscher Bruderkrieg) oppose l’Empire d’Autriche, suivi par la plus grande partie de la Confédération germanique, au royaume de Prusse, allié à une quinzaine de petits États allemands et au royaume d’Italie. Étape décisive de l’unification de l’Allemagne, parachevée par la guerre contre la France en 1870, le conflit de 1866 est lourd de conséquences pour la suite de l’histoire européenne. On le présente souvent comme le triomphe d’une Allemagne protestante marquée par le militarisme et l’autoritarisme d’une Prusse agressive et expansionniste sur une germanité méridionale catholique, censée davantage cultiver le goût des arts que celui des armes. Cette vision simpliste a cependant fait l’objet de multiples révisions. En même temps, ce conflit forme une partie intégrante du processus d’unification de l’Italie.

Après avoir retracé les faits, sans doute pour la première fois de manière aussi détaillée en français, cet ouvrage s’intéresse à la perception des événements par les puissances européennes, mais aussi par les acteurs et spectateurs locaux, ainsi qu’à ses multiples conséquences proches ou lointaines, abordant finalement la mémoire de cette guerre.

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5. 1866-1871 et les avatars d’un thème politique. Le « prince étranger » en Roumanie (Florin Ţurcanu)

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5. 1866-1871 et les avatars d’un thème politique 

Le « prince étranger » en Roumanie

Florin Ţurcanu

En Roumanie, le centenaire de l’entrée du pays dans la Première Guerre mondiale a éclipsé en 2016 les 150 ans de l’accession au trône du prince Charles de Hohenzollern-Sigmaringen, celui qui, à partir de 1881, est devenu le roi, fondateur de dynastie, Charles Ier. Le fait que 1866 soit une année mémorable à plus d’un titre dans l’histoire roumaine, n’aide donc pas à la visibilité des commémorations de cet événement – malgré l’adoption, il y a 150 ans, de la première Constitution du pays et la fondation de ce qui devait devenir l’Académie roumaine. En 2006 les 140 ans de l’intronisation de Charles Ier à Bucarest avaient bénéficié d’une commémoration beaucoup plus visible dans l’espace public – conférences, colloques, expositions, publication d’ouvrages, d’albums, d’articles de presse. Peu avant le début de l’année commémorative, l’Université nationale de Défense avait pris le nom de « Charles Ier », tandis qu’un vote du conseil municipal de la ville de Bucarest approuvait l’emplacement d’une nouvelle statue équestre du premier roi de Roumanie sur les lieux mêmes où se dressait celle détruite par le pouvoir communiste à la fin de 1947 et dont le bronze avait servi pour couler la statue de Lénine à Bucarest, elle-même déboulonnée au début de 1990.

Sur un plan strictement historiographique, les...

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