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Écrire et penser le genre en contextes postcoloniaux

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Edited By Anne Castaing and Élodie Gaden

À l’heure où se banalisent les discours féministes et, avec eux, une conception universelle de l’émancipation ; à l’heure où les questions de différence et d’intégration deviennent cruciales pour penser les sociétés contemporaines dans le Nord comme dans le Sud, il est urgent de conserver une réflexion dynamique sur la diversité comme sur l’hétérogénéité du genre et de ses formulations. Cet ouvrage propose donc une réflexion sur les corrélations et les négociations entre genre et nation (coloniale comme postcoloniale), sur la représentation fantasmée de l’« Oriental.e » et sur la cristallisation des identités nationales, religieuses et de genre. Il interroge ainsi les singularités culturelles et historiques du genre et de ses formulations, des subalternités et de leurs modes de résistance. Il s’intéresse enfin à la dimension genrée des migrations coloniales et postcoloniales.

L’approche plurielle que ce volume propose de l’articulation entre identités de genre et débat postcolonial dérive d’une valorisation de la circulation des disciplines et des méthodes (histoire, anthropologie, histoire littéraire, poétique, esthétique cinématographique, philosophie), toutes préoccupées par des questions de représentations. Elles mobilisent de même des terrains divers, au Nord comme au Sud (Afrique du Sud, Antilles, Inde, Viêtnam, Canada, Nouvelle-Calédonie, Maroc), colonisés comme décolonisés, certains demeurant peu sollicités par la critique postcoloniale.

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Introduction (Anne Castaing / Élodie Gaden)

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Introduction

Anne CASTAING et Élodie GADEN

L’analyse de la construction intellectuelle et politique des « féminismes du Tiers-monde » implique nécessairement deux mouvements simultanés : d’une part une critique interne des féminismes « occidentaux » hégémoniques et, d’autre part, la formulation de problématiques et de stratégies féministes autonomes et ancrées géographiquement, historiquement, culturellement. Le premier mouvement consiste à déconstruire et décomposer ; le second, à concevoir et construire.

Par ces termes lumineux en ouverture de son article « Sous les yeux de l’Occident : recherches féministes et discours coloniaux »1, Chandra Mohanty résume la double problématique qui préside à toute réflexion sur le genre (puis sur le féminisme et, par extension, les masculinités) dans un contexte non occidental : saisir d’une part les tensions à l’œuvre dans la construction d’une altérité genrée et racisée, isoler les stratégies de pouvoir et les processus hégémoniques qui y participent, identifier les phénomènes de circulation et la complexité des relations de domination ; saisir, d’autre part, les singularités de ces phénomènes, ces processus et ces identités, les resituer dans leur contexte, valoriser les savoirs et les productions indigènes.

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