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Femmes, parole et espace public au Cameroun

Analyse de textes des littératures écrite et populaire

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Flora Amabiamina

Ce livre analyse le contexte d’émergence d’une parole féminine au Cameroun dans les domaines artistiques. Nombreuses, en effet, sont les femmes qui exercent aujourd’hui les métiers d’écrivaine, de chanteuse et de comédienne. Ceux-ci leur permettent de parler d’elles-mêmes et des autres, notamment des hommes, et de proposer un discours nouveau sur la sexualité. Désormais, leurs textes peuvent s’inscrire dans la littérature de la jouissance.

Une révolution découle de cette prise de parole aux senteurs politiques. Elle pose le problème de la femme dans la société ; du mutisme à elles imposé par les puissances dominatrices ; de la logique patriarcale qui repose sur des stéréotypes définissant la femme et ordonnant ses modes d’être, de faire et d’agir. En exprimant leurs désirs et en clamant leur droit au plaisir, tout en minorant parfois le rôle de l’homme dans son acquisition, les femmes s’affichent en maîtresses de leur sexualité, voire en expertes capables d’assujettir l’homme.

En violant de la sorte un ordre institué, elles ne font pas que l’inverser ; elles le travestissent. Reste à savoir si cette parole sexuée et sexuelle améliore l’appréhension de la femme camerounaise. Cette étude se veut également une lecture des mœurs dans la société camerounaise.

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Avant-propos

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Ce livre est l’aboutissement d’une réflexion menée depuis près d’une décennie sur les nouvelles manières d’être et d’agir des femmes camerounaises, sur le langage que d’aucunes utilisent pour rendre compte de leur condition dans une société phallocratique. Toutefois, et à la vérité, mon intérêt pour la femme camerounaise remonte un peu plus loin.

En 1999, j’ai vécu une expérience à Strasbourg en France où je résidais comme étudiante, expérience qui marque en fait le début du présent ouvrage. À la mi-septembre en effet, une amie se mariait et, au cours de la soirée dansante organisée pour l’occasion, le disc jockey a été sommé, par un compatriote de retour de vacances au Cameroun, de diffuser une chanson dont il lui avait fourni le support. La chanson s’intitulait La petite Adeda et connaissait, à l’en croire, une immense fortune au pays. D’après son témoignage, ce titre s’était érigé rapidement en tube du moment dans toutes les discothèques et soirées mondaines au Cameroun. Le public concerné devait cette chanson à la sulfureuse artiste musicienne K-Tino qui l’avait déjà gratifié d’autres airs bien enlevés couronnés de succès (Ascenseur, Thermomètre, Égalité oblige, Ma chatte et sa queue, Ekargator, Ekobo, etc.). L’histoire rapportée dans La petite Adela est celle d’une femme libre, disponible et qui aime l’argent. L’herméneutique du texte fait ressortir qu’il s’agit d’une prostituée...

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