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L'homosexualité dans la vie et l'œuvre de Marcel Proust, une « sale tante » au grand cœur

Luc Legrand

Marcel Proust était écrivain et homosexuel à une époque où la réprobation officielle était plus forte qu’aujourd’hui. Il savait donc qu’en s’affichant, il pouvait compromettre sa réputation mondaine mais aussi l’espérance d’être publié, d’autant plus qu’il avait placé, au centre de son œuvre, le « vice honteux ».

Pour ne pas compromettre son statut social et son métier d’écrivain, il lui fallait donc une parade, en l’occurrence se déguiser en hétérosexuel, mais en un hétérosexuel spécialiste de l’inversion. Son œuvre serait alors une étude devant beaucoup à sa propre vie. Le héros Marcel est certes un hétérosexuel irréprochable mais il est confronté à l’homosexualité de son ami Charlus et de sa maîtresse bisexuelle Albertine.

La présente recherche nous conduit dans le labyrinthe des vérités et contrevérités des aléas de la condition homosexuelle dans la vie de Marcel Proust mais aussi dans son œuvre monumentale. La première partie est une biographie, fondée sur la recherche de l’homosexualité dans la vie de Proust. La deuxième est consacrée aux passages traitant d’homosexualité dans l’œuvre, principalement À la recherche du temps perdu. Cette « anthologie » met en évidence le fait qu’au centre de la grande œuvre court un véritable « roman » de l’homosexualité. La troisième partie est consacrée à la mise en parallèle des deux premières, elle nous propose analyses et conclusions.

Laissant une large place à la citation, ce travail se situe au confluent de l’histoire de la littérature et de l’histoire de l’homosexualité ; tout en répondant aux exigences scientifiques, il s’adresse aussi au grand public, tant proustien que « gay ».

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Réactions à l’œuvre posthume

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L’« Hommage à Marcel Proust »

Le 1er janvier 1923, les éditions de la NRF publient l’Hommage à Marcel Proust, volume comportant une soixantaine de contributions, rassemblées en moins d’un mois par Jacques Rivière. Cette publication ne contient que de très rares et assez vagues allusions à notre sujet ; parler trop clairement d’homosexualité aurait, aux yeux de beaucoup de lecteurs, offensé la mémoire du défunt. De fait, l’homosexualité n’apparaît nommément que dans les contributions de deux écrivains britanniques : le critique littéraire Francis Birrell écrit (261) : « Il faut aussi remarquer que Proust est le premier auteur qui parle de l’inversion sexuelle comme d’un phénomène ordinaire et courant […] L’inversion lui a fourni de nouveaux matériaux pour son étude des relations sociales […] ». Sous le titre Témoignage d’un romancier et la signature Stephen Hudson, c’est en fait Sydney Schiff, l’ami anglais de notre auteur, qui s’exprime (275) : « Y a-t-il un romancier qui ait eu, avant lui, le courage de traiter le sujet de Sodome et Gomorrhe d’un point de vue aussi large et avec une telle liberté ? […] C’est le portrait de Charlus, à mon avis, qui est le plus grand triomphe de Proust […] ».

Réactions dans la presse après la mort de Proust

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