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Critique d’art et nationalisme

Regards français sur l’art européen au XIXe siècle

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Edited By Thierry Laugée and Carole Rabiller

En histoire de l’art, la critique est l’un des miroirs identitaires d’une nation, la résultante d’un héritage façonné par les codes sociaux et culturels d’un pays. Elle repose sur des conventions qui lui sont propres et admises, consciemment ou non, par ses auteurs et son public. Les textes de critique d’art français informent par conséquent tout autant sur la culture de l’observateur que sur celle de l’observé.

Ce volume réunit douze études du discours français sur l’art des pays voisins dans un contexte de rivalités ou de compétitions internationales. Par l’analyse de commentaires de salons, de comptes rendus d’expositions ou encore d’ouvrages d’histoire de l’art du XIXe siècle, les contributions interrogent la part de chauvinisme, de protectionnisme ou de géopolitique inhérente aux transferts culturels européens. Que ce soit à travers les notions d’école artistique ou de nation, la critique d’art française est devenue un important vecteur de diffusion des stéréotypes nationaux et des conflits ou alliances au sein de l’Europe. Dès lors, le point de vue du critique sur l’œuvre d’un artiste est un matériau de premier choix pour comprendre les dynamiques identitaires. La réunion de ces études vise ainsi à révéler les dimensions anthropologiques et politiques de la critique d’art française du XIXe siècle permettant d’appréhender le discours sur l’art comme une participation à la conscience collective de la spécificité d’une nation.

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La peinture de genre aux expositions universelles parisiennes. La fin des écoles nationales ? (Michaël Vottero)

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La peinture de genre aux expositions universelles parisiennes

La fin des écoles nationales ?

Michaël VOTTERO

Espaces de rivalités techniques, scientifiques et artistiques, les expositions universelles sont probablement les événements culturels qui ont eu le plus d’échos internationaux et nationaux au XIXe siècle1. Les confrontations entre les différentes écoles de peinture ne sont toutefois pas nouvelles à Paris, où les artistes étrangers peuvent présenter aux salons quelques-unes de leurs créations et se mesurer à l’école française. Le comte Walewski s’en félicite d’ailleurs dans son discours du Salon de 1861 où il peut dire que :

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