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Critique d’art et nationalisme

Regards français sur l’art européen au XIXe siècle

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Edited By Thierry Laugée and Carole Rabiller

En histoire de l’art, la critique est l’un des miroirs identitaires d’une nation, la résultante d’un héritage façonné par les codes sociaux et culturels d’un pays. Elle repose sur des conventions qui lui sont propres et admises, consciemment ou non, par ses auteurs et son public. Les textes de critique d’art français informent par conséquent tout autant sur la culture de l’observateur que sur celle de l’observé.

Ce volume réunit douze études du discours français sur l’art des pays voisins dans un contexte de rivalités ou de compétitions internationales. Par l’analyse de commentaires de salons, de comptes rendus d’expositions ou encore d’ouvrages d’histoire de l’art du XIXe siècle, les contributions interrogent la part de chauvinisme, de protectionnisme ou de géopolitique inhérente aux transferts culturels européens. Que ce soit à travers les notions d’école artistique ou de nation, la critique d’art française est devenue un important vecteur de diffusion des stéréotypes nationaux et des conflits ou alliances au sein de l’Europe. Dès lors, le point de vue du critique sur l’œuvre d’un artiste est un matériau de premier choix pour comprendre les dynamiques identitaires. La réunion de ces études vise ainsi à révéler les dimensions anthropologiques et politiques de la critique d’art française du XIXe siècle permettant d’appréhender le discours sur l’art comme une participation à la conscience collective de la spécificité d’une nation.

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« Une nuit traversée d’éclairs ». La critique d’art française face à la présence allemande dans les premiers salons de la Société nationale des Beaux-Arts (1890-1896) (Olivier Schuwer)

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« Une nuit traversée d’éclairs »

La critique d’art française face à la présence allemande dans les premiers salons de la Société nationale des Beaux-Arts (1890-1896)

Olivier SCHUWER

L’internationalisation des réseaux artistiques dans la dernière décennie du XIXe siècle, qualifiée de « décennie sécessionniste1 » par Siegfried Wichmann, engendre, en termes de réception critique, une multiplicité de points de vue qui articulent la dialectique de l’art et du national. Sur les bases méthodologiques posées par Friederike Kitschen, Pierre Vaisse et Thomas W. Gaehtgens2, nous aimerions approfondir ici un aspect de l’étude des relations artistiques franco-allemandes, en dressant le portrait croisé de la critique d’art française et de l’art allemand visible à Paris dans le dernier XIXe siècle. Cet art serait, selon François Thiébault-Sisson, tel « une nuit traversée d’éclairs, coupée de météores3 ». Parmi ces « météores », cinq personnalités, qui investissent entre 1890 et 1896 les premiers Salons de la Société nationale des beaux-arts (SNBA), retiennent particulièrement l’attention de la critique française et la nôtre. Des artistes aussi variés que Max Liebermann, Fritz von Uhde, Gotthardt Kuehl, Max Klinger et le Suisse Ferdinand Hodler, avant de devenir des acteurs incontournables du sécessionnisme en Europe centrale, suscitent, pour reprendre l’expression de Gustave Geffroy, de multiples « chapitres d’ethnologie artistique4 ».

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