Show Less
Restricted access

Culture et (in)dépendance

Les enjeux de l’indépendance dans les industries culturelles

Series:

Edited By Olivier Alexandre, Sophie Noël and Aurélie Pinto

« Indépendant », « alternatif », « indie », « underground », « avant-garde », « de création »... Depuis les années 1970, la revendication d’indépendance a pris une importance grandissante dans les univers de production culturelle. Qu’elle se rapporte à des contenus, des méthodes de travail ou des dispositifs de médiation, cette revendication propose une alternative à la domination des groupes et des productions mainstream. Son succès conduit cependant à s’interroger sur la cohérence même d’une notion progressivement transformée en label de qualité.

À travers douze contributions traitant de l’édition, du cinéma, de la musique, des médias et de la vulgarisation scientifique, cet ouvrage montre en quoi l’indépendance relève d’une construction sociale tributaire de son environnement institutionnel et marchand. Des ondes aux écrans, de l’Europe aux États-Unis, des managers aux artistes, il met en évidence le balancement entre artisanat de création et recherche d’une structuration économique pérenne.

En mettant à distance la dénonciation ritualisée de l’hégémonie des majors et autres « grands groupes » et en s’appuyant sur des terrains ancrés dans différents contextes nationaux, ce livre fait le pari d’une approche transversale pour mieux saisir la manière dont l’indépendance irrigue et structure des filières trop souvent envisagées de manière cloisonnée. Il éclaire ainsi une catégorie de référence des industries culturelles paradoxalement peu étudiée par les sciences sociales, et permet de saisir l’évolution des rapports de force dans des secteurs confrontés à une rationalisation économique et à des mutations technologiques de grande ampleur.

Show Summary Details
Restricted access

Qu’est-ce que l’indie rock ? (J. Ryan Hibbett)

Extract

Qu’est-ce que l’indie rock ?1

J. Ryan Hibbett

Northern Illinois University

Ces dernières années, la musique rock s’est morcelée en d’innombrables catégories qui ont fait l’objet de typologies et de définitions incessantes venant complexifier l’opposition binaire entre musique mainstream et musique alternative2. Punk, alternative, grunge, college rock, emo, goth, indie pop, lo-fi, musique industrielle, post-rock, ambiant, slowcore, glitch – nul besoin de passer tout son temps sur Internet à écumer les critiques ou à acheter de la musique pour observer la circulation vertigineuse et la généralisation de l’usage de telles étiquettes. Doit-on supposer pour autant que chacune de ces catégories correspond directement à un « type » de son unique, à un genre que l’on peut définir et circonscrire au sein d’un champ qui se diversifie à grande vitesse ? Éventuellement. Mais une telle liste démontre également le règne d’une certaine forme d’improvisation. De fait, ces catégories semblent avoir davantage pour fonctions d’identifier des tendances, de les hybrider et de les rapprocher, que de proposer des représentations fidèles de sonorités. Si ces termes véhiculent, de manière imprécise mais significative, des représentations de classes sociales, des secteurs de l’industrie musicale, ou des esthétiques particulières, c’est parce que leur rôle est au moins aussi figuratif qu’opérationnel. Ils donnent à voir un processus de distinction, repérable aussi bien au sein des échanges artistiques que commerciaux. À l’instar des atomes, ces termes sont maintenus dans...

You are not authenticated to view the full text of this chapter or article.

This site requires a subscription or purchase to access the full text of books or journals.

Do you have any questions? Contact us.

Or login to access all content.