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Culture et (in)dépendance

Les enjeux de l’indépendance dans les industries culturelles

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Edited By Olivier Alexandre, Sophie Noël and Aurélie Pinto

« Indépendant », « alternatif », « indie », « underground », « avant-garde », « de création »... Depuis les années 1970, la revendication d’indépendance a pris une importance grandissante dans les univers de production culturelle. Qu’elle se rapporte à des contenus, des méthodes de travail ou des dispositifs de médiation, cette revendication propose une alternative à la domination des groupes et des productions mainstream. Son succès conduit cependant à s’interroger sur la cohérence même d’une notion progressivement transformée en label de qualité.

À travers douze contributions traitant de l’édition, du cinéma, de la musique, des médias et de la vulgarisation scientifique, cet ouvrage montre en quoi l’indépendance relève d’une construction sociale tributaire de son environnement institutionnel et marchand. Des ondes aux écrans, de l’Europe aux États-Unis, des managers aux artistes, il met en évidence le balancement entre artisanat de création et recherche d’une structuration économique pérenne.

En mettant à distance la dénonciation ritualisée de l’hégémonie des majors et autres « grands groupes » et en s’appuyant sur des terrains ancrés dans différents contextes nationaux, ce livre fait le pari d’une approche transversale pour mieux saisir la manière dont l’indépendance irrigue et structure des filières trop souvent envisagées de manière cloisonnée. Il éclaire ainsi une catégorie de référence des industries culturelles paradoxalement peu étudiée par les sciences sociales, et permet de saisir l’évolution des rapports de force dans des secteurs confrontés à une rationalisation économique et à des mutations technologiques de grande ampleur.

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Produire des faits autrement. L’IUT de Bordeaux, une alternative à la « neutralité » journalistique (Samuel Bouron)

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Produire des faits autrement

L’IUT de Bordeaux, une alternative à la « neutralité » journalistique

Samuel Bouron

IRISSO, Université de Paris-Dauphine

Pour un journaliste, être indépendant consiste à ne pas parler sous le contrôle d’une autorité extérieure. Aucune instance institutionnelle, publicitaire ou encore politique ne saurait lui dicter le contenu de ses publications, ce qui serait assimilé à un travail de communicant. La sociologie du journalisme reste quant à elle plus prudente sur la notion d’indépendance. Elle explique en substance que la profession s’est constituée en s’affranchissant notamment des pouvoirs politiques1 mais, en s’émancipant de cette forme de censure, elle est entrée dans une économie de marché qui fixe un cadre non moins contraignant. Dans la période contemporaine, ce passage est fréquemment illustré par la disparition de l’ORTF en 1974 et par la libéralisation progressive des médias dans les années 1980 qui correspond également, sur le plan économique, à leur privatisation. Ainsi, que l’on se place d’un côté ou de l’autre du champ journalistique, les producteurs de l’information, qui sont des intermédiaires entre des « sources » et un public, ne sont jamais véritablement indépendants2, mais plutôt pris entre deux formes de dépendance, politique et économique3.

Pourtant, la vision indigène de l’éthique du journalisme renvoie prioritairement à la censure politique, parce qu’elle est la plus explicite et donc la plus visible. Il existe néanmoins un autre type de censure,...

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