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L’électricité et les pouvoirs locaux en France (1880–1980)

Une autre histoire du service public

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François-Mathieu Poupeau

L’électricité, un service public jacobin ? À rebours des idées reçues, cet ouvrage montre le rôle joué par les pouvoirs locaux dans la construction de ce qui est devenu un pilier de l’État-Providence en France, au XXe siècle. Cette influence, peu abordée dans l’historiographie, doit être mise en regard avec les origines du secteur électrique : un système sociotechnique ancré et organisé au niveau communal. Jamais effacée, cette « matrice » a façonné de manière durable la gestion du service public. Elle explique le maintien de plusieurs prérogatives locales au moment de la nationalisation (concessions de distribution, régies municipales et départementales, etc.). Elle éclaire la prise de certaines décisions après la création d’Électricité de France, en matière de redistribution sociale (soutien aux usagers domestiques) ou d’aménagement du territoire (péréquation des prix, électrification rurale). En exhumant l’action des pouvoirs locaux et de leur principale organisation représentative, la FNCCR (Fédération nationale des collectivités concédantes et régies), cette autre histoire du service public, racontée « par le bas », nuance la vision d’un État hégémonique. Elle permet aussi de mieux appréhender les mutations actuelles du secteur électrique, à l’heure où les questions de décentralisation refont surface dans les débats politiques.

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Remerciements

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Ce livre est le fruit d’un travail de longue haleine. Il a été entamé lors d’une thèse de doctorat menée à l’Institut d’études politiques de Paris (1999), pour s’achever à l’occasion d’une Habilitation à diriger des recherches (HDR), soutenue à l’Université de Paris-Est (2015). Plusieurs personnes l’ont croisé à des périodes et à des stades d’élaboration différents, avec un degré d’implication variable. Je voudrais les remercier car chacune d’entre elle, à sa façon et parfois sans le savoir, m’a aidé à faire en sorte que cette recherche se concrétise sous la forme d’un ouvrage.

Je tiens tout d’abord à saluer Erhard Friedberg, mon directeur de thèse, qui m’a vu poser les premiers jalons de mes réflexions. Je l’entends encore m’exhorter à publier rapidement ce travail séminal, redoutant chez moi, non sans raison, une tendance au « pinaillage ». Je n’ai pas écouté son conseil, souhaitant m’engager dans une vraie démarche de socio-histoire. Je ne le regrette pas. À plusieurs reprises, lorsque le courage pouvait me manquer face à l’ampleur de la tâche, je me suis rappelé son enthousiasme à la lecture de certaines de mes analyses, largement approfondies par mes recherches ultérieures. Ce souvenir m’a conforté dans l’idée que cette « autre histoire » que je voulais raconter pouvait avoir quelque chose d’intéressant à dire non seulement sur le secteur électrique mais aussi, plus généralement, sur la formation de l’État-Providence et les questions de (dé)centralisation en France.

À l’autre bout de la « cha...

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