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De Condorcet à Decroly

La franc-maçonnerie belge, l’éducation et l’enseignement (XIXe–XXe)

Sylvain Wagnon

Franc-maçonnerie et éducation : cette alliance peut apparaître comme une évidence et, pourtant, elle demeure encore un point aveugle de la recherche dans sa globalité.

Au carrefour de l’histoire des obédiences maçonniques, de l’histoire de l’éducation et de l’histoire politique et sociale, cet ouvrage étudie à plusieurs échelons les relations entre la franc-maçonnerie et l’éducation : au niveau des individus, des acteurs que représentent les francs-maçons et les francs-maçonnes, mais aussi à celui de certaines loges et obédiences. Cette grille de lecture permet de comprendre les relations et les interférences qui ont pu exister durant le XIXe et le XXe siècle entre les prises de position de certains maçons belges et l’influence de leur environnement politique, social et économique.

Dans une optique socio-historique, en replaçant dans leur contexte les réflexions et les actions des francs-maçons belges, ce livre esquisse différentes facettes pour comprendre les dimensions et les limites d’une possible influence maçonnique sur les débats concernant l’éducation. À partir notamment des archives inédites du Grand Orient de Belgique, une réflexion d’ensemble est ainsi proposée sur différents moments forts des liens entre franc-maçonnerie et éducation : les questions de la protection de l’enfance, de la sécularisation et de la laïcisation de l’enseignement ou de l’éducation nouvelle.

Préface de Pierre-Yves Beaurepaire; Postface de Céline Bryon-Portet

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Chapitre 5. Théosophie, franc-maçonnerie et organisation internationale de l’éducation nouvelle

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Chapitre 5

Théosophie, franc-maçonnerie et organisation internationale de l’éducation nouvelle

Dans notre démarche de compréhension historique des relations entre la franc-maçonnerie et l’éducation, les théosophes représentent un cas singulier.

À partir du dernier quart du XIXe siècle jusqu’aux années 1930, l’influence du « mouvement » théosophique en France et en Belgique a dépassé le seul domaine spirituel pour irriguer la sphère artistique avec des figures comme le peintre Jean Delville (1867-1953)1, mais aussi le domaine éducatif avec les pédagogies Montessori et Steiner.

Liée à l’essor des mouvements ésotériques et spiritistes, la mouvance théosophique est en réelle symbiose avec la franc-maçonnerie et en premier lieu l’obédience mixte le Droit Humain.

L’importance historique des théosophes dans le domaine éducatif vient aussi du fait qu’ils apparaissent, par leurs réflexions et leurs pratiques, comme une des racines du mouvement de rénovation pédagogique dit de « l’éducation nouvelle ». Leur présence lors des débuts de l’organisation de l’éducation nouvelle a été explorée par plusieurs travaux pionniers2 mais reste un point aveugle de la recherche. En effet, l’influence des théosophes a été pressentie mais très rarement analysée comme une des racines majeures de l’organisation internationale de cette nébuleuse de l’éducation nouvelle.

Soyons clair, il ne s’agit une nouvelle fois aucunement de percevoir un quelconque...

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