Show Less
Restricted access

L’empreinte anthropologique du monde

Méthode inductive illustrée

Series:

Dominique Desjeux

Quel lien peut exister entre le corps des mines en France dans les années 1960, le retournement des morts à Madagascar et la sorcellerie au Congo dans les années 1970, la grande distribution en France, les émeutes urbaines dans les banlieues, le bricolage aux États-Unis dans les années 1990, la montée de la classe moyenne chinoise, les usages du SMS en Pologne, les courses au Danemark, la crise économique de 2008 et l’émergence d’une convergence compétitive au XXIe siècle entre l’Occident et l’Asie depuis le début des années 2000, etc. ? Et pourtant tous ces éléments de la vie quotidienne des consommateurs, des entreprises, des administrations ou des citoyens sont reliés par le fil invisible de la mondialisation. Tout cela prend sens au moment où il apparaît qu’une nouvelle classe moyenne mondiale de consommateurs est en train d’émerger et de transformer l’ensemble du jeu des forces sociales qui traversent toutes les sociétés.

Ce livre présente une méthode inductive en action, telle qu’elle a été mise en pratique pendant près de 50 ans d’enquêtes de terrain qualitatives dans les champs, les bureaux, les trains, les cuisines, les salles de bain ou les livings, et tout cela en Europe, en Asie, en Afrique, aux États-Unis et au Brésil. L’auteur promeut une nouvelle anthropologie de la modernité pour montrer que tout ce qui relève de la vie en société, du marché, de la famille ou de l’individu n’est pas observable en même temps. Il faut changer d’échelle d’observation pour les voir apparaître ou disparaître en fonction de la focale choisie. La compréhension du monde demande une connaissance mobile.

Show Summary Details
Restricted access

Chapitre 15. L’entrée de la classe moyenne chinoise dans la consommation mondiale à Guangzhou (1997)

Extract

← 212 | 213 →

CHAPITRE 15

L’entrée de la classe moyenne chinoise dans la consommation mondiale à Guangzhou (1997)

Introduction

« Nous sommes en novembre 1997. En entrant dans un quartier proche de la Gare ouest de Guangzhou en Chine pour réaliser un entretien et une observation dans l’appartement d’une famille chinoise de la classe moyenne, nous pénétrons dans un passage étroit et sombre bordé de hauts immeubles de type “grand ensemble” et dans lequel nous apercevons quatre personnes âgées en train de jouer au Mah-Jong. Des fils électriques, apparemment en désordre, relient les appartements. Toutes les fenêtres sont protégées par des grilles en fer forgé. La plupart des balcons sont fleuris. Des vêtements sèchent sur de longues perches à l’extérieur des logements. Rien de spectaculaire de prime abord. Pas de vision “exotique” de la Chine. Seul apparaît un cours ordinaire des choses. »

Cette enquête réalisée en 1997 sera publiée en 2000 dans le livre Chine-France que nous avons dirigé avec mon collègue et ami ZHENG Lihua, sur une série de comparaisons interculturelles entre la Chine et la France. J’avais connu ZHENG en publiant en 1995 à L’Harmattan sa thèse, qui sortait de l’ordinaire, Les Chinois de Paris et leurs jeux de face. En 1997, il m’invite à passer quatre mois et demi à Guangzhou (Canton) pour former les étudiants chinois du département de français aux...

You are not authenticated to view the full text of this chapter or article.

This site requires a subscription or purchase to access the full text of books or journals.

Do you have any questions? Contact us.

Or login to access all content.