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L’empreinte anthropologique du monde

Méthode inductive illustrée

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Dominique Desjeux

Quel lien peut exister entre le corps des mines en France dans les années 1960, le retournement des morts à Madagascar et la sorcellerie au Congo dans les années 1970, la grande distribution en France, les émeutes urbaines dans les banlieues, le bricolage aux États-Unis dans les années 1990, la montée de la classe moyenne chinoise, les usages du SMS en Pologne, les courses au Danemark, la crise économique de 2008 et l’émergence d’une convergence compétitive au XXIe siècle entre l’Occident et l’Asie depuis le début des années 2000, etc. ? Et pourtant tous ces éléments de la vie quotidienne des consommateurs, des entreprises, des administrations ou des citoyens sont reliés par le fil invisible de la mondialisation. Tout cela prend sens au moment où il apparaît qu’une nouvelle classe moyenne mondiale de consommateurs est en train d’émerger et de transformer l’ensemble du jeu des forces sociales qui traversent toutes les sociétés.

Ce livre présente une méthode inductive en action, telle qu’elle a été mise en pratique pendant près de 50 ans d’enquêtes de terrain qualitatives dans les champs, les bureaux, les trains, les cuisines, les salles de bain ou les livings, et tout cela en Europe, en Asie, en Afrique, aux États-Unis et au Brésil. L’auteur promeut une nouvelle anthropologie de la modernité pour montrer que tout ce qui relève de la vie en société, du marché, de la famille ou de l’individu n’est pas observable en même temps. Il faut changer d’échelle d’observation pour les voir apparaître ou disparaître en fonction de la focale choisie. La compréhension du monde demande une connaissance mobile.

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Chapitre 16. Les structures d’attente des nouveaux objets dans l’espace domestique français (1997)

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CHAPITRE 16

Les structures d’attente des nouveaux objets dans l’espace domestique français (1997)

Introduction

Parallèlement à nos enquêtes sur l’entrée des Chinois dans la société de consommation, et qui vivent cela comme un progrès comparativement aux dures années de la révolution culturelle, nous continuons nos enquêtes en France sur les objets de la consommation. C’est aussi un moment très positif pour la classe moyenne américaine, comme nous l’avons vu dans le chapitre 12 sur les États-Unis.

Au même moment en France, à l’inverse, la croissance de la consommation des Français est en forte baisse puisqu’elle passe de 1,4 % à 04 % entre 1991 et 1993, d’après l’INSEE. La plupart des demandes d’enquête porteront pendant cette période sur la compréhension des comportements du consommateur au-delà des seules explications psychologiques ou macrosociologiques. Cette baisse de la consommation est vécue comme une menace et une descente sociale. Cette perception négative va s’accentuer à partir des années 2000, et surtout après 2008, et sera associée à une progression de l’extrême droite « populiste » en France et en Europe, comme nous l’évoquerons en 2011 dans une conférence à HEC (http://bit.ly/2011-desjeux-anthropologie-energie).

Rappel du modèle interprétatif inductif qui sous-tend les observations du quotidien

L’objectif de ce chapitre est de faire ressortir une partie des logiques anthropologiques qui sous-tendent...

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