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Pour une histoire connectée et transnationale des épurations en Europe après 1945

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Edited By Marc Bergère, Jonas Campion, Emmanuel Droit, Dominik Rigoll and Marie-Bénédicte Vincent

Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, l’Europe libérée est traversée par une même soif de justice à l’égard des anciens ennemis et de leurs collaborateurs. Ce livre interroge ce « moment 1945 » comme une expérience, sinon totalement commune, du moins largement partagée par delà la coupure Est-Ouest du continent qui s’installe rapidement. Dans une perspective d’histoire comparée, son objectif premier est de faire dialoguer des historiographies nationales des « épurations » déjà riches mais qui s’ignorent le plus souvent. Au-delà, le pari de cet ouvrage collectif réside dans sa capacité à proposer de manière originale les bases d’une histoire connectée et transnationale des épurations européennes. Pour ce faire, les auteurs portent une attention particulière aux phénomènes de circulation et de transferts en matière de normes, de pratiques, voire d’acteurs des épurations, puis des « dés-épurations ». De même, ils accordent une place privilégiée aux populations « déplacées » dans ce contexte, en considérant les expulsés, exilés et réfugiés comme un autre phénomène marquant de l’histoire chaotique de l’Europe post-1945 qu’il convient de relier à l’histoire des épurations.

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Résumés / Abstracts

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PARTIE 1  CIRCULATIONS D’ACTEURS ET D’IDÉES

Chapitre 1  Exclusion et réintégration. L’incarcération des collaborateurs comparée aux Pays-Bas et en Belgique, 1944-1950 / Helen Grevers

Après la Libération (1944-1945), les autorités publiques en Belgique comme aux Pays-Bas étaient persuadées de la nécessité de punir les collaborateurs de l’occupant allemand. Il paraissait évident qu’on devrait exclure les collaborateurs de la société. Mais l’idée que la grande majorité d’entre-deux devrait être « rééduquée », prévalait dans les deux pays. Les collaborateurs devaient être « guéris » afin de redevenir des citoyens nationaux et démocratiques. C’était bien la finalité des sanctions vis-à-vis d’eux. Dans cette contribution comparative belgo-hollandaise on analyse les dynamiques d’exclusion et de réintégration dans ces deux pays, ce qui permet une compréhension meilleure de l’emprisonnement dans des périodes de transition politique.

After the liberation of the Second World War, the governing parties in both Belgium and The Netherlands agreed that it was necessary to punish the collaborators. It seemed self-evident that all collaborators had to be excluded from society. But the notion that the large majority had to be “re-educated” for social reintegration also very soon prevailed in both countries. Collaborators had to be “cured” to become full democratic national citizens again, and their punishment was designed to achieve this. This paper, with the aid of the Dutch-Belgian comparison, considers how post-war exclusion and...

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