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Sagesse et résistance dans les littératures francophones

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Edited By Marc Quaghebeur

Après avoir abordé les modalités des relations entre Violence et Vérité dans les littératures francophones, ce volume s’attache à des formes littéraires de Résistance. Celles-ci entendent souvent dépasser les réponses purement violentes et manifester ainsi leur refus de l’assujettissement, par des Sagesses – répliques souvent plus subtiles à la barbarie et à la domination. Elles circonviennent beaucoup mieux l’adversaire, comme le « sujet supposé savoir » dont parlent les psychanalystes. Ce parcours se fait au travers de textes francophones venus de latitudes très diverses : du Vietnam au Liban, du Maghreb à l’Afrique centrale, de la Suisse et de la Belgique aux Amériques. Ce faisant, c’est à un florilège d’esthétiques diverses que se voit convié le lecteur. Ce livre touche en effet aussi bien au symbolisme qu’à la postmodernité, en passant par les grandes voix du Maghreb ou des Antilles dans le contexte du dernier demi-siècle. Le propos ne s’organise pas pour autant en fonction des aires géographiques. Il montre que les soi-disant opacités francophones, leurs poét(h)iques, leurs hybridations ou leurs chemins de traverse constituent toujours des réponses à des situations historiques. Elles sont, qui plus est, très révélatrices de la dynamique du système franco-francophone. Trente-cinq études, pour ce faire, et qui font saisir de près le fait que ces œuvres sont loin d’être périphériques.

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Des Marrons aux Batoutos. Le peuple inverse d’Édouard Glissant (Brigitte Dodu)

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Des Marrons aux Batoutos

Le peuple inverse d’Édouard Glissant

Brigitte DODU

Université de Strasbourg (France)

Le travail littéraire, en tout cas le mien, rejoint absolument la préoccupation épique, mais avec un envers. Il ne s’agit plus de balbutier l’Histoire, mais de retrouver les histoires perdues, non racontables […] C’est un chemin inverse, c’est le même chemin.1

Depuis La Lézarde, le Marron glissantien chemine à l’inverse et à la rencontre de l’humanité asservie. Ce principe commun à sa vocation et à l’écriture de sa légende entretient une dynamique dramatique féconde dans des cadres de plus en plus complexes, de la Martinique au Tout-monde et à celui, plus inconcevable encore, de notre proche avenir. Tel est le cas de l’univers, entre mythe et histoire, où Glissant fait évoluer les Batoutos, nos frères marrons, « peuple qui nous manque » inventé pour notre santé.

Dans La Cohée du Lamentin, cinquième de ses Poétiques2, Édouard Glissant présente l’alternative cruciale où se trouve l’humanité contemporaine : le « Tout-monde »/la mondialité ou le « Tout-empire »/la mondialisation, et nous invite à en choisir le premier terme. En décrivant le « Processus » qui travaille le Tout-monde, Glissant redéfinit la « santé » comme l’adaptation aux dynamiques de l’espace-temps de la mondialité à réaliser. Six ans plus tôt, Sartorius : le roman des Batoutos3, légende des siècles insolite mariant la poésie à une dense érudition, imaginait la conjonction des...

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