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Sagesse et résistance dans les littératures francophones

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Edited By Marc Quaghebeur

Après avoir abordé les modalités des relations entre Violence et Vérité dans les littératures francophones, ce volume s’attache à des formes littéraires de Résistance. Celles-ci entendent souvent dépasser les réponses purement violentes et manifester ainsi leur refus de l’assujettissement, par des Sagesses – répliques souvent plus subtiles à la barbarie et à la domination. Elles circonviennent beaucoup mieux l’adversaire, comme le « sujet supposé savoir » dont parlent les psychanalystes. Ce parcours se fait au travers de textes francophones venus de latitudes très diverses : du Vietnam au Liban, du Maghreb à l’Afrique centrale, de la Suisse et de la Belgique aux Amériques. Ce faisant, c’est à un florilège d’esthétiques diverses que se voit convié le lecteur. Ce livre touche en effet aussi bien au symbolisme qu’à la postmodernité, en passant par les grandes voix du Maghreb ou des Antilles dans le contexte du dernier demi-siècle. Le propos ne s’organise pas pour autant en fonction des aires géographiques. Il montre que les soi-disant opacités francophones, leurs poét(h)iques, leurs hybridations ou leurs chemins de traverse constituent toujours des réponses à des situations historiques. Elles sont, qui plus est, très révélatrices de la dynamique du système franco-francophone. Trente-cinq études, pour ce faire, et qui font saisir de près le fait que ces œuvres sont loin d’être périphériques.

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Résistance et prudence dans la littérature haïtienne (Léon-François Hoffmann)

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Résistance et prudence dans la littérature haïtienne

Léon-François HOFFMANN

Université de Princeton (États-Unis d’Amérique)

Je me propose d’examiner la tension entre résistance et prudence qui se manifeste depuis les origines chez les hommes de lettres haïtiens, et dans quelle mesure cette tension diffère de celles qui se manifestent chez leurs collègues étrangers.

Les instances religieuses et étatiques, autrement dit les Églises et les gouvernements, représentent depuis toujours et dans tous les pays un danger potentiellement très grave pour tout homme de lettres. Ces organisations agissent soit à travers leurs organes de répression (inquisition, police, tribunaux) soit à travers leur influence sur l’opinion publique, à travers les médias qu’elles contrôlent.

À la différence des écrivains du Québec d’avant la Révolution tranquille, ceux d’Haïti n’ont jamais eu à craindre l’Église catholique, ni d’ailleurs les Églises protestantes, ni les cultes évangéliques et charismatiques vers lesquels les fidèles du petit peuple (de toute façon généralement illettrés) se tournent en nombre toujours croissant. Déjà au temps de la colonie, l’Église de Saint-Domingue n’avait guère de pouvoir ou même d’influence, contrairement à celles de la plupart des autres colonies d’Amérique latine. Souvent affiliés à la franc-maçonnerie, les colons ne demandaient au clergé que d’assurer les cérémonies religieuses. Lorsque les Jésuites se hasardèrent...

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