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Transmettre une fidélité

La Contre-Révolution et les usages du passé (France, Espagne, Italie ‒ XIXe-XXe siècles)

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Edited By Bruno Dumons and Paul Chopelin

Ce volume collectif interroge les modalités d’élaboration, de diffusion et de perception des souvenirs historiques dans les milieux contre-révolutionnaires français, italiens et espagnols à l’époque contemporaine. Si la tradition historiographique contre-révolutionnaire, en tant que système de pensée, est aujourd’hui assez bien connue, elle ne doit pas dissimuler la multiplicité des usages militants du passé, à l’échelle individuelle ou collective. Pour ne pas rompre le « fil de l’histoire » et transmettre le flambeau aux nouvelles générations, les contre-révolutionnaires ont tout à la fois exalté la légitimité historique des princes et valorisé le comportement exemplaire de ceux qui ont su leur rester fidèles dans l’adversité. La construction de généalogies, d’armoriaux ou d’histoires familiales permet de conjurer la rupture révolutionnaire ou « l’usurpation » dynastique, tandis que les pèlerinages, auprès des princes en exil, sur des tombeaux ou sur des sites de bataille, se doublent souvent d’une collecte de souvenirs et de reliques. Les contributions réunies dans ce volume témoignent de l’émergence, à l’échelle européenne, d’une véritable contre-culture historique, fondée sur la célébration de la fidélité, érigée en vertu politique fondamentale face à « l’opportunisme libéral » et à la « subversion révolutionnaire ». Tout autant qu’aux supports – livres, monuments ou musées –, une grande attention a été portée aux acteurs de cette « histoire en blanc », leurs circulations et leur insertion dans les réseaux contre-révolutionnaires de leur temps.

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Redécouvrir la généalogie et l’héraldique en France (1860-1930). Un usage politique au service de la cause « blanche » (Bruno Dumons)

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Redécouvrir la généalogie et l’héraldique en France (1860-1930).

Un usage politique au service de la cause « blanche »

Bruno DUMONS

À l’heure où la conquête républicaine défait les monarchies du premier XIXe siècle par les révolutions puis le vote, les tenants de l’Ancien Régime s’efforcent de pérenniser leurs influences sociales et culturelles dans les domaines les plus variés de la société française et européenne1. Puisant aux sources de la contre-révolution, de la légitimité et du catholicisme intransigeant, les cultures politiques « blanches » se perpétuent tout au long du XIXe siècle en cherchant à investir des secteurs clefs comme l’école, l’agriculture et la presse. Elles se déploient grâce au dynamisme des réseaux familiaux et à l’intensité des voyages effectués dans l’Europe entière. Elles opèrent également dans le champ de la mémoire par l’érection de lieux symboliques et la production d’une littérature apologétique. Le recours à l’histoire et au culte du passé constitue aussi un usage politique fréquent en ces temps romantiques, aussi bien dans les noblesses traditionnelles que les bourgeoisies républicaines2. L’érudition historique, la quête ← 49 | 50 → antiquaire et l’exaltation des « petites patries » provinciales participent à la fabrication d’un monde ancien, souvent idéalisé et imaginaire, qui aurait disparu avec l’ère des révolutions3. Le retour aux recherches généalogiques et h...

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