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La France et la dénazification de l'Allemagne après 1945

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Edited By Sébastien Chauffour, Corine Defrance, Stefan Martens and Marie-Bénédicte Vincent

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, en Allemagne et en Autriche occupées, les Alliés mettent en œuvre des politiques de dénazification. Dans ce cadre, une épuration judiciaire, administrative et professionnelle est conduite dans chacune des quatre zones d’occupation des deux pays. Les pratiques épuratoires varient selon les secteurs professionnels et les régions. Si l’on observe une homogénéisation croissante dans le futur territoire de la RFA, passant notamment par l’association des Allemands à l’entreprise, la dénazification n’est jamais uniforme.

Cet ouvrage collectif présente la dénazification menée en zone française d’occupation en Allemagne principalement. Il met l’accent sur les points communs, les différences et les interactions avec les pratiques menées dans les trois autres zones. Grâce à de nouvelles sources désormais accessibles, il est possible de saisir au plus près les réalités de l’épuration et les conditions de la transition démocratique après le nazisme. Car l’ambition de la dénazification est immense : sanctionner pénalement les criminels, neutraliser les élites fonctionnelles ayant servi le régime nazi, évaluer la compromission politique de plus de 8,5 millions d’Allemands membres du NSDAP, mais surtout – essentiel pour l’avenir – réformer et démocratiser la société allemande et, en accord avec cet objectif, réintégrer progressivement la plupart de ceux qui avaient été écartés au lendemain de la guerre. Avec le recul, si l’épuration a parfois été jugée bien limitée à l’Ouest, en zone française notamment, la démocratisation est un acquis durable de l’après-1945.

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Questionnaires de domestiques à Lindau dans l’Allemagne de l’après-guerre : le cas Walburga Schäfler (Coline Perron)

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Questionnaires de domestiques à Lindau dans l’Allemagne de l’après-guerre : le cas Walburga Schäfler

Coline PERRON

Des questionnaires – Fragebögen – émis par le commissariat pour le Land Wurtemberg-Hohenzollern, classés par ordre alphabétique sous la catégorie « Questionnaires domestiques », sont conservés dans les archives de la zone française d’occupation1. Établis entre avril 1950 et juillet 1951, ils sont exclusivement consacrés au « petit personnel » travaillant au service des Français à Lindau. Ne comptant que quatre pages, avec une section écrite en français et, en vis-à-vis, une section écrite en allemand, partiellement remplis, entre ratures et espaces vides, ces 233 formulaires peuvent à première vue décontenancer par leur aspect lacunaire. Mais par un caprice de l’histoire, non content d’apporter un certain éclairage sur la situation des employés de maison en Allemagne dans l’immédiat après-guerre, sujet encore relativement méconnu, le « dossier Lindau » nous met indirectement sur la piste d’un des plus fameux juristes du « IIIe Reich ».

Le cercle – Landkreis – de Lindau avait au sein de la ZFO une situation particulière, qui lui valut dès 1948 deux courts articles dans la Deutsche Rechts-Zeitschrift2. Il y était précisé que l’épuration politique y serait accomplie selon la Rechtsanordnung (ordonnance) faisant loi pour le Württemberg-Hohenzollern3, et les en-têtes de ces Fragebögen témoignent du fait que ce Landkreis continua en partie à ← 137 | 138 → être communément administré avec le...

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