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La France et la dénazification de l'Allemagne après 1945

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Edited By Sébastien Chauffour, Corine Defrance, Stefan Martens and Marie-Bénédicte Vincent

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, en Allemagne et en Autriche occupées, les Alliés mettent en œuvre des politiques de dénazification. Dans ce cadre, une épuration judiciaire, administrative et professionnelle est conduite dans chacune des quatre zones d’occupation des deux pays. Les pratiques épuratoires varient selon les secteurs professionnels et les régions. Si l’on observe une homogénéisation croissante dans le futur territoire de la RFA, passant notamment par l’association des Allemands à l’entreprise, la dénazification n’est jamais uniforme.

Cet ouvrage collectif présente la dénazification menée en zone française d’occupation en Allemagne principalement. Il met l’accent sur les points communs, les différences et les interactions avec les pratiques menées dans les trois autres zones. Grâce à de nouvelles sources désormais accessibles, il est possible de saisir au plus près les réalités de l’épuration et les conditions de la transition démocratique après le nazisme. Car l’ambition de la dénazification est immense : sanctionner pénalement les criminels, neutraliser les élites fonctionnelles ayant servi le régime nazi, évaluer la compromission politique de plus de 8,5 millions d’Allemands membres du NSDAP, mais surtout – essentiel pour l’avenir – réformer et démocratiser la société allemande et, en accord avec cet objectif, réintégrer progressivement la plupart de ceux qui avaient été écartés au lendemain de la guerre. Avec le recul, si l’épuration a parfois été jugée bien limitée à l’Ouest, en zone française notamment, la démocratisation est un acquis durable de l’après-1945.

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Épurer la littérature : Georg Leyh et le cas de la bibliothèque universitaire de Tübingen, 1945-1946 (Marius Bruneau)

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Épurer la littérature : Georg Leyh et le cas de la bibliothèque universitaire de Tübingen, 1945-1946

Marius BRUNEAU

La dénazification des universités allemandes par les vainqueurs1 de la Seconde Guerre mondiale forme un champ historiographique bien balisé aujourd’hui, notamment grâce aux travaux de Corine Defrance2. Cependant, l’historienne choisit dans son ouvrage traitant spécifiquement du sujet d’étudier seulement l’une des deux universités de la zone d’occupation française, l’université de Fribourg3. Il s’agit donc de traiter de la dénazification de l’autre université, celle de Tübingen, et d’interroger à travers l’épuration de sa bibliothèque entre 1945 et 1946 la spécificité ou non de son épuration. Nous utiliserons pour ce faire une lettre rédigée en français et datée du 1er juillet 1946. Elle provient du « Service des Relations artistiques » au sein de la série Affaires culturelles (AC) du Centre des archives diplomatiques de La Courneuve, série dans laquelle sont regroupés les dossiers des services culturels français qui se sont succédé à Baden-Baden puis à Mayence de 1945 à 19554. La lettre fut écrite par Georg Leyh5, ← 147 | 148 → directeur de la bibliothèque universitaire de Tübingen de 1921 à 1947, à Theodor Steinbüchel6, nouveau recteur de l’université – Corine Defrance a bien montré l’importance pour les Alliés des recteurs d’université dans le processus d’épuration des établissements universitaires7 – qui l’a remise à l’autorité militaire française basée...

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