Show Less
Restricted access

Déracinés, exilés, rapatriés?

Fins d’empires coloniaux et migrations

Series:

Edited By Olivier Dard and Anne Dulphy

Déracinés, exilés, rapatriés, ces trois termes sont des marqueurs importants de la mémoire collective dans la France du second vingtième siècle où ils sont particulièrement associés à la fin de l’empire colonial français. Nombre d’images, comme la photographie illustrant ce livre, ont marqué les esprits. Pourtant, pour emblématique qu’il soit, le cas des centaines de milliers de rapatriés d’Algérie de l’été 1962 est loin d’être unique. Cet ouvrage aborde ainsi nombre de migrations consécutives à la fin des empires coloniaux. Privilégiée jusqu’ici, l’échelle nationale – les anciennes métropoles vers lesquelles se sont dirigés les flux formés des « rapatriés » d’origine européenne mais aussi, dans une moindre mesure, de populations dites à l’époque « indigènes » – n’y est pas la seule prise en compte. Car ces « déracinés » ont pu opter pour d’autres pays européens, l’Espagne comme l’Italie, ou gagner les Amériques pour s’installer au Canada ou en Argentine. C’est donc au prisme d’une perspective comparative et transnationale que sont prises en compte les fins d’empire et le sort, fort divers, des populations qu’elles concernent.

Show Summary Details
Restricted access

Olivier Dard etAnne Dulphy: Introduction

Introduction

Extract

Olivier Dard

Sorbonne Université

Anne Dulphy

LinX-École polytechnique

Déracinés, exilés, rapatriés, ces trois termes sont des marqueurs importants de la mémoire collective dans la France du second XXe siècle, où ils sont particulièrement associés à la fin de l’Empire colonial français. Des images, comme la photographie choisie pour illustrer ce livre, ont marqué les esprits. Pourtant, pour emblématique qu’il soit, le cas des centaines de milliers de rapatriés d’Algérie de l’été 1962 est loin d’être unique. Toute l’ambition de cet ouvrage est d’aborder, dans une perspective comparative et transnationale, l’objet de recherche que sont les migrations consécutives à la fin des empires coloniaux1. Elles ont été jusqu’ici principalement étudiées dans un cadre national – généralement celui des anciennes métropoles vers lesquelles se sont dirigés les flux de population. La France, la Belgique, l’Italie, l’Espagne ou le Portugal ont ainsi accueilli leurs « rapatriés » d’origine européenne, pour parler comme en France, ou leurs retornados si on songe au Portugal. Mais il faut avoir à l’esprit l’importance des populations dites à l’époque « indigènes » qui, favorables aux métropoles durant les guerres coloniales, ont rejoint ces dernières au terme des conflits – dans le cas français, populations indochinoises en 1954 et harkis dans un contexte de terreur à l’été 1962. Destinations privilégiées, les métropoles n’ont pas été les seules choisies par ces...

You are not authenticated to view the full text of this chapter or article.

This site requires a subscription or purchase to access the full text of books or journals.

Do you have any questions? Contact us.

Or login to access all content.