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Déracinés, exilés, rapatriés?

Fins d’empires coloniaux et migrations

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Edited By Olivier Dard and Anne Dulphy

Déracinés, exilés, rapatriés, ces trois termes sont des marqueurs importants de la mémoire collective dans la France du second vingtième siècle où ils sont particulièrement associés à la fin de l’empire colonial français. Nombre d’images, comme la photographie illustrant ce livre, ont marqué les esprits. Pourtant, pour emblématique qu’il soit, le cas des centaines de milliers de rapatriés d’Algérie de l’été 1962 est loin d’être unique. Cet ouvrage aborde ainsi nombre de migrations consécutives à la fin des empires coloniaux. Privilégiée jusqu’ici, l’échelle nationale – les anciennes métropoles vers lesquelles se sont dirigés les flux formés des « rapatriés » d’origine européenne mais aussi, dans une moindre mesure, de populations dites à l’époque « indigènes » – n’y est pas la seule prise en compte. Car ces « déracinés » ont pu opter pour d’autres pays européens, l’Espagne comme l’Italie, ou gagner les Amériques pour s’installer au Canada ou en Argentine. C’est donc au prisme d’une perspective comparative et transnationale que sont prises en compte les fins d’empire et le sort, fort divers, des populations qu’elles concernent.

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Mariana Dominguez Villaverde: Les pieds-noirs d’Alicante : de l’exil à l’implantation

Les pieds-noirs d’Alicante : de l’exil à

l’implantation

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Mariana Dominguez Villaverde

Université d’Alicante / Aix-Marseille Université

La Guerre et l’Indépendance de l’Algérie provoquèrent le déplacement de plus d’un million d’Européens d’Algérie et de harkis. Après la France, l’Espagne reçut le plus grand nombre d’exilés dès la fin des années 1950 et pendant la première moitié des années 1960. La société européenne d’Algérie était le résultat d’un mélange culturel issu des migrations méditerranéennes qui eurent lieu à partir de 1830 et surtout dans le dernier tiers du XIXe siècle, et des populations autochtones, comme les juifs. À partir de la colonisation française, l’émigration d’Espagnols s’accéléra, notamment depuis les Baléares, puis des provinces d’Alicante, Murcia et Almeria, particulièrement vers l’Oranie. Les arrivants conservèrent souvent les coutumes et la langue des ancêtres, ainsi que le contact avec le pays d’origine, mais devinrent partie de la société coloniale, connaissant une progressive insertion sociale. Avec la loi dite de naturalisation automatique de 1889, leurs enfants devinrent français, puis l’école et l’administration contribuèrent à l’assimilation. Cette communauté reçut de nouveaux apports migratoires depuis l’Espagne au XXe siècle, particulièrement plusieurs milliers d’exilés républicains en 1939. Ces dernières installations posèrent un nouveau défi d’intégration et contribuèrent à réactiver certains liens avec l’Espagne. Nous pouvons dire néanmoins que la plupart d’entre eux...

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