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Traces et ratures de la mémoire juive dans le récit contemporain

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Edited By Valentina Litvan and Claire Placial

Ce volume collectif propose une étude comparative sur les traces de la judéité dans la littérature contemporaine. La question initiale est d’explorer en quoi le récit littéraire peut continuer à transmettre une mémoire juive et de quelle mémoire il s’agit. En effet, il interroge la place d’une mémoire juive qui tout en étant historique et collective s’exprime dans les différentes écritures comme étant ancestrale et transmise de multiples façons, notamment à travers l’intertextualité et les livres.

Bien qu’il s’agisse de proposer des lectures de textes littéraires, les approches sont donc interdisciplinaires : on y trouve autant de la sociologie littéraire que de l’histoire littéraire, de la traduction ou encore de la philosophie politique…

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Réinvention de la tradition juive dans la poésie argentine contemporaine :

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L’IMPOSSIBLE RÉCIT

« No puedo narrar » (« Je n’arrive pas à le mettre en récit »), écrit dans un vers la poète argentine Tamara Kamenszain1. Cet aveu alors que sa mère, atteinte de la maladie d’Alzheimer, « a oublié les mots2 » dont il ne lui reste plus que l’écho pour bâtir ses poèmes, me semble fonctionner comme une métaphore de la judéité mise à l’oeuvre par certains écrivains argentins contemporains. Mon hypothèse est en effet que le manque de mots pour dire le récit renvoie à une tradition absente dans laquelle pourtant, paradoxalement, ces auteurs s’inscrivent et qu’ils continuent ainsi à transmettre.

Les réflexions qui suivent porteront donc sur la judéité en tant qu’ab-sence ou rature traversant l’oeuvre de trois grands écrivains de la littérature argentine contemporaine : Juan Gelman (1930–2014), Alejandra Pizarnik (1936–1972) et Tamara Kamenszain (1947). La mise en relation de ces trois poètes appartenant à des générations et des contextes histori-co-politiques différents d’une part, ayant des esthétiques et des procédés éloignés et parfois même opposés d’autre part, nous permettra d’interro-ger les différentes modalités de transmission, d’une mémoire juive qui pourtant, dans les trois cas, reste paradoxalement en retrait ou de difficile accès. Par ailleurs, si j’ai choisi d’aborder la notion de récit à partir d’un corpus poétique, c’est bien parce que la possibilité du récit est problémati-sée dans leurs...

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