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De Kleist à Döblin

Littérature, Histoire, Politique

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Michel Vanoosthuyse

Cet ouvrage réunit des études sur la littérature de langue allemande écrite à l’orée du romantisme jusqu’au XXe siècle. Le but est d’explorer les rapports complexes entre le texte littéraire de fiction et l’Histoire. Quelques études, moins centrées sur la thématique historique, envisagent le travail littéraire dans sa dimension d’identification et d’interrogation du sujet sur lui-même. Mais quelle que soit la thématique, le texte de fiction est ici compris comme un acte, un processus singulier de connaissance. Aucune différence d’approche n’existe dès lors entre des œuvres définies, par exemple, comme des processus compliqués d’affranchissement des idées révolutionnaires françaises et des textes interprétés comme des quêtes de solution aux problèmes personnels posés par la vie.

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À l’école italienne: Felix Dahn et l’unité allemande

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Dahn « der Deutsche » (1834–1912), auteur à succès d’un roman toujours en circulation (Ein Kampf um Rom), d’un long récit d’histoire (Die Könige der Germanen), de tragédies, d’épopées, de mémoires, offre un cas intéressant de conversion d’un bourgeois libéral à Bismarck et à la solution « kleindeutsch ». L’intérêt n’est pas le fait en lui-même, qui est banal, mais le processus mental qui y conduit : l’Italie en occupe le centre et cette étrangeté mérite qu’on s’y arrête un peu. En clair : la liquidation de la solution autrichienne (« großdeutsch ») et le ralliement à la Prusse et à Bismarck s’effectuent chez Dahn par le détour de la médiation italienne. Celle-ci conjugue une expérience d’écriture et une expérience pratique, qui constituent les deux voyages en Italie de Felix Dahn, un voyage en fiction relayé par un voyage sur le terrain.

Dans ses Erinnerungen245, Dahn se remémore la décennie qui a suivi l’échec de 1848 : « Toutes ces années me remplirent de douleur, de rage, de honte devant l’étranger et de désespoir » (E, I, p. 365). La grande question politique de sa génération est en effet celle de l’unité allemande. Comment la réaliser ? D’un côté, Dahn et ses amis de Munich sont « großdeutsch » : « Nous ne voulions pas voir l’Autriche exclue de la confédération allemande […] et nous n’entendions pas que fût refusée aux Autrichiens, nos fr...

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