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De Kleist à Döblin

Littérature, Histoire, Politique

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Michel Vanoosthuyse

Cet ouvrage réunit des études sur la littérature de langue allemande écrite à l’orée du romantisme jusqu’au XXe siècle. Le but est d’explorer les rapports complexes entre le texte littéraire de fiction et l’Histoire. Quelques études, moins centrées sur la thématique historique, envisagent le travail littéraire dans sa dimension d’identification et d’interrogation du sujet sur lui-même. Mais quelle que soit la thématique, le texte de fiction est ici compris comme un acte, un processus singulier de connaissance. Aucune différence d’approche n’existe dès lors entre des œuvres définies, par exemple, comme des processus compliqués d’affranchissement des idées révolutionnaires françaises et des textes interprétés comme des quêtes de solution aux problèmes personnels posés par la vie.

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Savoir et pouvoir dans le Galilée de Brecht

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Le doute est l’arme du Galilée de Brecht et le moteur de son activité scientifique : le savant l’oppose à toute vérité établie. Il se confond donc avec l’exercice de la raison. Cependant, il rencontre une limite devant laquelle il lui faut abdiquer : la preuve. Un homme raisonnable ne met pas en doute ce qui est prouvé. Galilée pense que la société est composée d’hommes raisonnables, c’est-à-dire d’individus qui cèdent nécessairement à la force des preuves :

Vois, Sagredo ! Je crois en l’homme, et cela signifie que je crois en sa raison ! Sans cette croyance, je n’aurais pas la force de me lever de mon lit le matin […]. Il n’y a que les morts qui ne se laissent plus fléchir par des raisons (III, 35) […]. Oui, je crois en la douce violence de la raison sur les hommes. À la longue, ils ne peuvent pas lui résister. Aucun homme ne peut longtemps me voir – il laisse tomber une pierre – faire tomber une pierre, et m’entendre dire : elle ne tombe pas. De cela aucun homme n’est capable. La séduction qui émane d’une preuve est trop grande. La plupart y succombent, et à la longue tous. Penser est un des plus grands divertissements de l’espèce humaine (36)366.

C’est pourquoi Galilée a besoin non seulement de voir et faire voir, mais aussi de prouver. Ainsi explique-t-il la nécessité de son séjour à Florence, chez le Grand-Duc.

Dans l’interpr...

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