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«Germinal», la mine et les arts

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Encarnacion Medina Arjona

Paru en 1885, Germinal, le roman de d’Émile Zola, occupe toujours le devant de la scène littéraire et sociale.

Entre viol de la nature et nostalgie d’une poésie champêtre, quelle est l’évolution artistique de la mine dans la littérature française avant Germinal ? Quel sens proposent les textes précurseurs du roman ? Sont-ils évocateurs nostalgiques d’un monde terrible et fraternel ? Que nous révèle la construction du roman, sa genèse, les moments clés tant de l’énonciation que de l’énoncé ? Quel sens a eu le roman pour ses contemporains, pour ses lecteurs, la réception en France et à l’étranger, la censure, les adaptations théâtrales et musicales ? Et quel est le sens des appropriations sociales au XXe siècle, des interprétations et réinterprétations modernes dans les arts visuels ? Telles sont quelques-unes des questions auxquelles Germinal, la mine et les arts essaie de répondre.

Réunissant des études de spécialistes universitaires, ce volume contribue à une histoire littéraire en participant à une histoire culturelle.

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Les rumeurs de la mine

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LOLA BERMÚDEZ

Universidad de Cádiz

Dans un premier temps, j’avais pensé intituler cette communication « Les rumeurs et les ombres », car il me semblait que l’enjeu de ce roman était présidé par l’association de ces deux registres, association qui décide en partie de l’imprégnation idéologique, fantasmatique et symbolique du texte. Écho et retentissement, tout l’art de Zola consiste justement à faire parler, avec les dispositifs percutants auxquels il a habitué le lecteur, un univers aveugle fait de sons, inarticulés mais progressivement codés, engendrant un discours sur cette machinerie atroce qu’est le Voreux et la situation sociale des mineurs dans la deuxième moitié du XIXe siècle. Cette progressive articulation est, me semble-t-il, double : une tentative de parole (une voix) pour les ouvriers/un discours pour l’écrivain. Finalement, faute de temps, pour cette communication ce ne sera que le côté bruyant du texte qui retiendra mon attention, mais il est incontestable que les deux registres (les bruits et les ténèbres) sont intimement liés, comme pour bien figurer le caractère impénétrable et désespéré, voire catastrophique, de la situation des mineurs : la dégradation est inscrite dès l’origine, solidement ancrée dans la lignée des habitants du coron. Le noir et le bruit surgissent donc, toujours associés, dès les premières lignes du roman : « et sur les dalles de fonte, c’était un tonnerre continu, des berlines...

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