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Quel espace pour quel théâtre ?

Approche croisée des dramaturgies française et hispanique (XVIe–XXe siècles)

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Isabel Ibáñez and Hélène Laplace-Claverie

Le présent ouvrage compare différents traitements de l’espace dramatique et scénique selon une logique diachronique, tout en confrontant deux sphères culturelles à la fois proches et distinctes, voisines et rivales. Il s’appuie sur un corpus « canonique » qui, tout au long d'une période allant du xvie au xxe siècle, érige progressivement en norme un espace théâtral sémiotisé et ce, en France comme en Espagne. Le théâtre, media de masse efficace, contrôlé quoique intrinsèquement incontrôlable, fut une préoccupation constante pour les pouvoirs publics des deux côtés des Pyrénées. Sur la scène et à sa périphérie gravitent des enjeux sociétaux et politiques fondamentaux pour deux jeunes nations européennes.

Les textes réunis abordent ces questions autour de deux pôles temporellement et esthétiquement opposés : celui de la genèse d'un espace théâtral en voie de normalisation (xviexviie siècles) et celui de la consolidation mais aussi de la remise en cause – à travers la notion de hors-scène – du modèle aristotélicien (xixexxe siècles).

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Duplicité spatiale et inégalités sociales (les comedias de burlador) (Christophe Couderc)

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Christophe Couderc

Université de Paris Nanterre, EA 369 Études Romanes

Duplicité spatiale et inégalités sociales (les comedias de burlador)

Le théâtre du Siècle d’or que l’on jouait dans le corral de comedias doit être appréhendé avant tout comme un théâtre de la parole, que l’on qualifie également parfois de théâtre « pauvre ». La référence à l’espace, sa figuration et sa matérialisation, loin de se vouloir véristes, fonctionnaient la plupart du temps (si l’on suit sur ce point les pages lumineuses de José María Ruano de la Haza), par synecdoque ou métonymie1 : une branche suffisait à représenter, ou convoquer, l’espace naturel, une bougie créait l’obscurité, le costume indiquait que le personnage était en voyage, etc. Sur cet espace scénique qu’on peut dire polyvalent, et malgré ses limitations techniques (ou peut-être, en réalité, grâce à elles), tout ou presque pouvait être représenté, verbalement si ce n’est physiquement. Cervantès fait ainsi dire à une incarnation de la Comedia que grâce à la « pensée légère » les spectateurs peuvent arpenter une « carte du monde2 ». Et Feliciana Enríquez de Guzmán (dramaturge plutôt critique, elle aussi, à l’égard de la Comedia nueva telle que la pratiquait Lope←109 | 110→ de Vega), évoquera également, pour s’en plaindre, la capacité presque infinie de la scène de théâtre à représenter les lieux les plus divers3.

Théâtre irr...

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