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Nerval. Recherche de l’autre et conquête de soi

Contribution au suivi d’une genèse du "Voyage en Orient</I>

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Aki Taguchi

Le lecteur des huit cents pages du Voyage en Orient de Gérard de Nerval peut difficilement concevoir les étapes de la constitution de ce riche et long récit. Initialement publié dans divers périodiques entre 1840 et 1850, puis « reconstruit » en 1851, l’ouvrage comporte nombre de variantes. Dans les publications antérieures à 1850, Nerval n’a pas donné immédiatement à ses chroniques tout le sens de la version finale. La critique nervalienne a donc souvent pu souligner la nécessité d’une recherche approfondie sur ces variantes. Cette étude tente de combler cette lacune en proposant au lecteur de scruter pas à pas l’élaboration d’une des plus belles invitations au voyage qui soit. En mettant à jour les étapes de la transformation du Voyage en Orient de feuilletons en livre, des variantes des premiers jets aux recompositions ultérieures, l’auteur de cette étude décèle et déploie, sur les traces du voyageur, la naissance progressive de l’écrivain, tout en dégageant la logique interne qui a déterminé son texte définitif.

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* Du vécu au rêvé

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139 Voyage dans la mythologie Les images artistiques se succèdent : après la peinture de Watteau, Nerval se réfère aux gravures du Songe de Poliphile, qui illustrent des cérémo- nies religieuses. Dans le Voyage en Orient, Nerval s’efforce de concré- tiser ces images par l’écriture. Là, « [d]eux amants, Polyphile et Polia, se préparent au pèlerinage de Cythère39 ». Nerval considère les adeptes de Cythère comme de « saints martyrs40 » ou comme « pèlerins d’amour41 ». Dans le mot « pèlerin(s) », on lit un voyage des personnages du « Songe de Polyphile ». Dans l’expression « les Néréides [‹ néréides › dans L’Ar- tiste et dans La Silhouette] avaient choisi la conque de Cypris », le voyage de Vénus-Aphrodite est aussi sous-entendu. En effet, Vénus-Aphrodite ourania est par tradition une déesse venue d’ailleurs. Comme le rap- pelle Nerval en citant l’épiclèse Cypris, la littérature et l’histoire anti- que la rattachent aux influences orientales qui se sont exercées sur la civilisation gréco-latine. Lorsque Nerval renouvelle la théogonie d’Hé- siode, la naissance de Vénus et la distinction des deux Vénus du Ban- quet de Platon, il met pour ainsi dire en scène un Orient personnifié qui rejoint le voyageur sur son chemin et qui semble vouloir l’accompa- gner dans sa quête spirituelle. Le narrateur en Grèce se remémore le culte de Vénus, ménage une transition entre...

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