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Nerval. Recherche de l’autre et conquête de soi

Contribution au suivi d’une genèse du "Voyage en Orient</I>

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Aki Taguchi

Le lecteur des huit cents pages du Voyage en Orient de Gérard de Nerval peut difficilement concevoir les étapes de la constitution de ce riche et long récit. Initialement publié dans divers périodiques entre 1840 et 1850, puis « reconstruit » en 1851, l’ouvrage comporte nombre de variantes. Dans les publications antérieures à 1850, Nerval n’a pas donné immédiatement à ses chroniques tout le sens de la version finale. La critique nervalienne a donc souvent pu souligner la nécessité d’une recherche approfondie sur ces variantes. Cette étude tente de combler cette lacune en proposant au lecteur de scruter pas à pas l’élaboration d’une des plus belles invitations au voyage qui soit. En mettant à jour les étapes de la transformation du Voyage en Orient de feuilletons en livre, des variantes des premiers jets aux recompositions ultérieures, l’auteur de cette étude décèle et déploie, sur les traces du voyageur, la naissance progressive de l’écrivain, tout en dégageant la logique interne qui a déterminé son texte définitif.

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* Le rôle de l’écrivain

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255 Feuilletoniste encore et toujours Un jour, le héros est tenté de voir un opéra où chante Ronzi-Tachbinardi, cantatrice des plus beaux temps de Rossini. Or, faute de places, « [il eut] l’idée d’aller voir le directeur du principal journal français de Constan- tinople, dont les bureaux étaient à Galata1 ». Alors le directeur lui fait les honneurs de sa loge et lui demande s’il n’a pas oublié son « ancien métier de feuilletoniste2 », et il fera les comptes rendus du théâtre, en habitant Stamboul, dans un caravansérail nommé Ildiz-Khan (Khan de l’Etoile), « dans lequel on reçoit tous les marchands asiatiques des di- verses communions musulmanes3 ». Remarquons que c’est la première fois que le narrateur révèle son métier de feuilletoniste dans la section orientale, sauf une mention de sa qualité d’écrivain lors du contact avec l’Arménien à Damiette. Nerval écrit par ailleurs dans une lettre per- sonnelle : « [a]u besoin je travaillerais aux journaux de Constantinople ou de Smyrne, car notre état s’exerce partout comme celui des cor- donniers4 ». En effet, c’est Nerval lui-même qui, dans les préoriginales, fait expliquer au narrateur les divergences des organes de presse et leur rivalité : L’Egypte ne possède encore que deux journaux à elle, une sorte de Moniteur arabe, qui s’imprime à Boulac, et Le Phare d’Alexandrie. A l’époque de sa lutte contre la Porte, le pacha fit venir à grands frais un rédacteur français, qui lutta pendant quel- ques mois encore...

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