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De Hegel à Sartre

Pour une pratique de la raison critique

Christa Geitner

Que serait aujourd’hui une philosophie vivante, quel rapport entretiendrait-elle avec son héritage ? Ce ne peut être qu’un rapport complexe, puisque l’héritage doit assurément être conservé, mais qu’il doit aussi être transposé. Tel est ce qui a lieu, de manière exemplaire, dans la philosophie de Sartre, où s’élabore une raison critique soucieuse de son insertion dans l’histoire. Après avoir proposé, dans les premiers chapitres, une libre réflexion sur les exigences qui s’imposent aujourd’hui à la pensée, le présent ouvrage s’attache plus particulièrement à la « reprise » de Hegel par Sartre : il s’emploie à dégager tout ce que le second doit au premier, mais aussi ce qu’il en refuse, et les déplacements (salutaires) qu’il effectue.

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Chapitre VIII – La prise de conscience contemporaine d’une « méta-physique » interrogative : « Du même à l’autre » -157

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157 Chapitre VIII La prise de conscience contemporaine d’une « méta-physique » interrogative : « Du même à l’autre » « je me jette, pour être autre et le même, vers un avenir qui se révèle déjà comme le même et l’autre » (CrRD II, p. 415) 1. Une philosophie s’interroge. Peut-elle se faire, comme le souhaitait Hegel, pensée totale ? Selon « l’ignorance d’extériorité » sartrienne, cette ambition est vaine, ce qu’il faut discuter. Sartre a repris instamment, c’est-à-dire avec une volonté sans cesse présente, la tâche des philosophes qui après Kant ont transposé le mythe métaphysique d’un savoir absolu fondateur, souvent hérité d’une théo- logie. « S’agissant des êtres de raison [...] nous ne devons les prendre pour fondement que comme des analogues de choses réelles », avait dit Kant.1 Mais pour Sartre c’est au profit d’un autre absolu actif, le seul possible mais sur fond de risque suprême : le témoignage des hommes engagés dans la recherche et la pratique d’une volonté commune ; ils sont à la fois ignorants et dans la nécessité d’agir. Pour Sartre « l’être en soi de l’activité humaine [...] est, dans son secteur [...] un absolu [...] ; [...] l’histoire de l’homme résiste à sa détermination en extériorité, elle demeure comme centre absolu d’une infinité de relations entre les choses » (CrRD II, p. 335). Sartre a poursuivi trois débats critiques dia- lectisés. Le premier concerne la géniale thèse hégélienne du vrai en de- venir...

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