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Corps écrit, corps écrivant

Le corps féminin dans les littératures francophones des Amériques

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Christine K. Duff and Claudia Labrosse

Cet ouvrage vise à cerner la place qu’occupe le corps féminin dans la production littéraire francophone des Amériques et des Caraïbes en invitant chacun(e) de ses auteur(e)s à s’interroger sur le topos que constitue la chair féminine dans l’écriture fictionnelle. Il est clair que le corps, pour les femmes, est bien un lieu à partir duquel écrire, mais en lui s’inscrivent aussi les enjeux d’une société, d’une culture et d’une poétique. L’écriture du corps féminin, qu’elle définisse la position d’un sujet-corps dans la narration ou l’ensemble de ses représentations textuelles, se transforme-t-elle en fonction de variables comme l’emplacement géographique, la période historique, le cadre socio-culturel (pouvant être marqué par l’expérience de l’esclavagisme dans les Caraïbes ou encore la répression de l’Église catholique dans le contexte canadien français) ? Conserve-t-elle, en dépit de tout, des éléments communs ? Voici les questions auxquelles il devient possible de répondre à la lecture des douze articles colligés dans ce collectif réunissant des chercheur(e)s d’origines diverses.
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Le phénomène martiniquais du dorlis : quelles implications pour la sexualité féminine ?

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1

Ernest PÉPIN

Lors d’une rencontre il y a quelques années, il m’a été proposé de me livrer à une approche comparative du phénomène du « dorlis »,2 au niveau de la Guadeloupe et de la Martinique. Je dois tout d’abord vous faire part de l’embarras qui est le mien pour la bonne et simple raison qu’en Guadeloupe le phénomène du « dorlis » n’existe pas au niveau des croyances populaires. C’est en quelque sorte de manière abusive que l’on a assimilé « L’homme-au-bâton »3 à un dorlis. Force m’est donc de contourner la difficulté en détournant le sujet à partir d’un questionnement que je formulerai de la manière suivante : à quoi correspond dans la psyché martiniquaise le phénomène du dorlis et quel écho rencontre-t-il en Guadeloupe ? Il est évident qu’il ne sera pas question ici de savoir scientifique mais, au contraire, de modestes hypothèses fondées sur une pensée résolument spéculative. Je crois, en effet, qu’il faut pour tenter de répondre à la question posée, explorer le cadre psycho-historique qui engendre le dorlis comme production de l’imaginaire dans une culture donnée.

Ce cadre renvoie inévitablement à l’esclavage, à l’univers de la plantation et également à cette part de syncrétisme qui allie le christianisme au ← 103 | 104 →magico-religieux africain. Nous savons que l’esclave est un être humain dépossédé de son humanité, ravalé au rang d’objet, surexploité dans des conditions atroces et surtout priv...

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