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Sémiotique du mouvement

Du geste à la parole

Edited By Sylvie Freyermuth, Dominique Keller and Jean-François Bonnot

Le geste ne peut être considéré en lui-même et pour lui-même qu’en se plaçant dans une perspective restrictive. En effet, le mouvement volontaire s’inscrit dans une action, et dans tous les cas, il est tributaire d’un contexte. Le mouvement est bien ce qui permet d’accéder au monde : ne dit-on pas de certains malades, pourtant conscients, qu’ils « sont murés en eux-mêmes », signifiant ainsi que le rôle de passeur de sens du mouvement est à jamais perdu ? L’une des difficultés majeures dans les tentatives d’harmonisation entre domaines provient du fait qu’il est délicat de faire coïncider les données provenant des champs neurophysiologique et biologique avec celles issues de modèles linguistiques. C’est pourquoi nous avons demandé à des chercheurs appartenant à diverses disciplines (philosophie, psychologie expérimentale, sociologie, linguistique et phonétique) d’illustrer la notion de « sémiotique du mouvement ». Un premier volet s’attache à préciser les enjeux théoriques du mouvement, de sa conception à sa représentation et à sa réalisation, d’une manière générale et dans ses rapports à la vision et à la parole. La deuxième et la troisième section apportent des éclairages plus spécifiques en focalisant le propos sur les aspects linguistiques.
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Chapitre VI: Verbes de mouvement : déplacement, mouvement et manière

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VERBES DE MOUVEMENT : DÉPLACEMENT, MOUVEMENT ET MANIÈRE

Georges Kleiber

1. Introduction

Les verbes dits de mouvement engagent de manière cruciale l’espace et le temps et, de ce fait, occupent une place de choix dans les différentes théories et modèles sémantiques de ces quarante dernières années. Ils s’accordent assez bien à une approche de sémantique structurale, puisque l’espace et le temps fournissent un cadre assez solide à la constitution d’un répertoire de traits descriptifs ou sèmes1 destinés à saisir les différences et identités entre les différents verbes que l’on a rassemblés sous la bannière onomasiologique du mouvement. Ils se prêtent aussi aux approches de type cognitif, puisque ce type de sémantique, à visée plus ou moins universaliste, considère l’espace comme le fondement des représentations conceptuelles linguistiques2 et développe une saisie topologique3 et/ou pyschologique4 et/ou encore formelle5 des expressions linguistiques employées pour décrire les relations spatiales. Ils conviennent également aux approches « prédicatives », actancielles ou casuelles qui privilégient une description en termes de schémas phrastiques ou structures argumentales6. Ils s’intègrent enfin dans les sémantiques qui refusent le primat de l’espace pour prôner une caractérisation phénoménologique du sens des verbes de mouvement, qui est à même de rendre compte de leurs emplois non spatiaux7.

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