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Judaïsme et christianisme dans les commentaires patristiques des Psaumes

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Marie-Anne Vannier

Cet ouvrage renouvelle les études relatives aux commentaires patristiques des Psaumes, en prenant en compte l’apport du Judaïsme que les Pères connaissaient et qui marque leur interprétation du texte biblique, ne serait-ce que par le texte de la Septante qui sert de référence aux Pères grecs. Alors que l’on parle souvent de l’antijudaïsme des Pères de l’Église, les commentaires de l’Écriture qu’ils ont proposés, et en particulier ceux des Psaumes, montrent, au contraire, à quel point les Pères étaient marqués par le Judaïsme, dans leurs méthodes d’exégèse. Sans doute les Psaumes sont-ils davantage encore l’héritage commun du Judaïsme et du christianisme, comme l’a compris Augustin, qui entend, dans les Psaumes d’Asaph, la voix de la synagogue. Il n’en demeure pas moins que cet héritage commun permet une synergie entre les deux communautés, comme en témoigne, de manière éloquente, Maxime le Confesseur dans son Commentaire du Psaume 136, en dépit des différences d’interprétation qui existent.
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Le Psaume 58,12, figure des juifs ou des païens ? La position de saint Augustin

← 68 | 69 →ALBAN MASSIE, S.J.,

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Possidius rappelle qu’Augustin, en ses derniers jours, « fit transcrire les psaumes de David qui traitent de la pénitence – ils sont très peu nombreux1, précise le mémorialiste – et fit coller ces pages sur le mur, de sorte que, se trouvant au lit pendant sa maladie, il pouvait les voir et les lire ; et il pleurait sans cesse à chaudes larmes2 ». Pour Augustin, nul doute que les paroles du psalmiste étaient aussi les siennes, c’est bien de lui qu’il s’agissait dans ces chants implorant le salut pour un homme qui a péché devant la face de Dieu et reconnaît sa faute : Miserere mei, Domine ; De profundis clamaui ad te…

Déjà dans les Confessions, Augustin s’appropriait les psaumes pour récapituler en sa propre vie l’histoire du salut. Ainsi, le cœur « épaissi comme la graisse » de Ps 118, 70 (incrassatum est uelut adeps cor meum) lui permettait d’exprimer son propre état intérieur au moment où, sous l’influence d’Ambroise, mais avant sa lecture des néoplatoniciens, il cherchait à transcender les images sensibles de son esprit pour trouver Dieu, mais se trouvait encore aveuglé : « Mon cœur était alourdi et je ne possédais pas moi-même de vision claire de moi-même3 ». Incrassatum cor : le cœur figé comme la graisse (LXX) ou coagulé comme le lait (vulg.), figure l’incapacité d’avoir la claire vision ; il symbolise le cœur du peuple d’Israël que le prophète Isaïe fustige en ces termes : Aveuglez...

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