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Voir l’habit

Discours et images du vêtement du Moyen Âge au XVII e siècle

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Edited By Danièle Duport and Pascale Mounier

Les écrivains et les artistes du Moyen Âge et de l’âge moderne font souvent référence à la manière de se vêtir. Ils envisagent le vêtement du point de vue de son apparence – comme objet référentiel – ou comme un signe vers autre chose – vers un second élément, concret ou abstrait.
Le présent volume propose une série d’enquêtes sur la poétique du vêtement élaborée du XIII e siècle au XVII e siècle, issues d’un colloque organisé à Caen en mars 2014. Il analyse la représentation de l’ensemble de la tenue, c’est-à-dire du vêtement en soi, des attributs et des accessoires qui fonctionnent métonymiquement avec lui, à partir du double discours tenu : celui sur « l’habit » – nous dirions aujourd’hui plutôt « les habits » – et celui de l’habit. Il montre que le plus souvent les deux types de visions se croisent dans les textes et dans les images produits. La variété des angles d’attaque des analyses rassemblées permet le repérage d’éléments de convergence entre les deux grands genres de représentation envisagés – verbal et plastique – ainsi que l’appréciation de la spécificité de chacun d’eux.
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« Prendre l’habit turc » dans les récits de voyage et de conversion au XVIIe siècle

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Université Paris 7, CERILAC

« Prendre l’habit turc » dans les récits de voyage et de conversion au XVIIe siècle

Dès la Renaissance, le vêtement occupe une place obligée au sein du chapitre consacré aux mœurs des autochtones dans les récits de voyages au Levant, genre né du récit de pèlerinage qui, sans perdre de vue la visée religieuse, répond de plus en plus à une curiosité profane1. Deux attitudes s’opposent dans la représentation du costume du Moyen-Orient : l’attention portée à l’altérité d’une part, et d’autre part la projection de l’étranger sur l’univers connu. En fait, ces deux tendances coexistent le plus souvent dans les récits de voyage aux XVIe et XVIIe siècles, et elles sont très largement déterminées par les choix politico-religieux des auteurs. La description des vêtements des religieux, développée dans tous les récits, est à cet égard caractéristique. Les derviches, entre autres, suscitent la curiosité des voyageurs, mais cette attention peut être diversement orientée. On pourrait également se référer à l’exemple des « Santons », ou saints hommes : Jean Thévenot, voyageur curieux élevé par son oncle Melchisédech dans un milieu de savants et d’érudits à l’esprit ouvert, les décrit avec une relative neutralité – la référence à Thévenot, nous le verrons, est importante parce que sa relation d’un voyage fait au Levant est...

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