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La réciprocité et l’alternance

Pierre-André Stucki

La réciprocité est habituellement conçue comme une structure d'échange où ce que l'on rend est de valeur à peu près équivalente à ce que l'on reçoit. Il en est ainsi de la traditionnelle règle d'or, «Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu'il te fasse», et de la loi du Talion, «Œil pour œil, dent pour dent». L'idée très répandue de la juste rétribution exprime cette manière de penser. Dès l'origine, le christianisme fait valoir une autre optique : le don ne récompense pas forcément le mérite, il arrive qu'il soit gratuit, et le pardon répond à la faute. C'est donc une interaction asymétrique qui est ainsi impliquée par cette tradition et notre logique habituelle s'en trouve déroutée. Pour pallier cette carence, le présent ouvrage propose de recourir au calcul matriciel élémentaire. Il y puise une petite série de modèles assez simples et il examine s'il est plausible de les appliquer à des manifestations typiques de la pensée chrétienne. Il en résulte l'idée de l'alternance : à tel moment, la conscience est focalisée sur le monde, à tel autre, sur l'écoute de l'Evangile. Un tableau métaphysique intégral est hors de portée.
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Chapitre IX : L’aspect englobant de l’alternance

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Chapitre IX L’aspect englobant de l’alternance

En condition de réciprocité, les acteurs cherchent à comprendre leur situation ; on peut supposer que leur intelligence est limitée au point de ne pouvoir aller au-delà de systèmes 3X3. De plus, ils ne peuvent comprendre l’évolution à laquelle ils participent s’ils ne peuvent s’en représenter le début et la fin, de sorte que le caractère cyclique d’un modèle est favorable à leur aspiration. Ils savent toutefois, d’expérience, la fréquence des phénomènes d’aliénation, si bien qu’ils ne seraient guère aidés par un modèle qui les occulterait, et il se trouve « par chance » que les effets asymétriques sont ceux qui, dans la série des systèmes, génèrent des cycles (excluons-en la trivialité de l’aller-retour). Le cycle « de base » est celui de la confusion, (E3), dont on cherche à se déprendre en se donnant une orientation (à la manière de S5 ou de S6), qui à la réflexion se révèle bi-polaire, ruinant ainsi l’espoir de trouver un point fixe qui dominerait la totalité du champ. L’aspect catastrophique des évolutions cycliques demeure plus ou moins implicite dans les systèmes 2X2; il s’impose explicitement comme dominant dans les modèles d’alternance qui émergent des systèmes 12, 13 et 14, et qui se manifestent comme l’horizon ultime des systèmes de réciprocité, comme leur englobant. Il n’en résulte nul discrédit à l’...

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