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Sujet, fidèle, citoyen

Espace européen (XIe-XXIe siècles)

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Edited By Dominique Avon

La recherche de l’objectivation du « sujet » à travers le temps et l’espace emprunte ici un chemin inédit. Tenant compte des travaux de philosophes comme Michel Foucault, Jürgen Habermas ou John Rawls, le travail collectif réalisé dans cet ouvrage vise à saisir la problématique de la dialectique du politique et du religieux, sans la focaliser sur la question du pouvoir ou de l’Etat. La particularité des expériences européennes au cours du millénaire écoulé y est soulignée : il y a eu une manière nouvelle de placer l’être humain au centre d’un corps social en le dotant de droits et de devoirs à titre personnel. Mais elle est doublement relativisée : d’une part parce que ses fondements ne peuvent être détachés de son environnement méditerranéen – les sujets-fidèles de la Chrétienté médiévale n’ont pas vécu dans l’ignorance de l’expérience des sujets-fidèles de l’Islam ou des communautés juives – ; d’autre part parce que la reconnaissance du « citoyen » et la possibilité de ne plus être « fidèle » d’une religion donnée n’a pas obéi à un mouvement linéaire conduisant le « sujet » d’un état d’hétéronomie à un état d’autonomie. C’est en tenant compte de cette complexité du passé qu’il devient possible de mieux négocier les défis du présent.
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Jürgen Habermas, le citoyen contemporain et la raison publique: Jean-Marie Lardic et Dominique Avon

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Jean-Marie LARDIC, Université de Nantes et Dominique AVON, Université du Maine – CERHIO

Jürgen Habermas, le citoyen contemporain et la raison publique

1.Post-sécularité du sujet moderne ? Réception d’un aspect de l’œuvre par un philosophe

Le manque de motivation des citoyens dans les Etats démocratiques, comparé à la ferveur des fidèles des religions qui s’y manifestent, interroge à la fois ces sociétés démocratiques et la philosophie de Habermas qui peut en passer pour l’expression idéologique paradigmatique. Dans son souci de fonder les normes sur la procédure dialogique qui requiert des interlocuteurs leur accord, Habermas tient compte du statut du sujet moderne dont l’assentiment est nécessaire pour les règles qu’il aura à suivre. Mais il restaure ainsi, après la période de la déconstruction postmoderne du sujet, le statut d’universalité de celui-ci, qui en fait le porteur d’une normativité valant pour tous et pour chacun, même si elle est ancrée non plus dans une essence ou une nature transcendantale, mais dans une activité procédurale.

Or, on peut justement se demander si l’universalité de reconnaissance de la norme, permise par l’accord de chacun dans L’Ethique de la discussion, et qui permet à Habermas de retrouver celle du sujet des droits, i. e. des droits de l’homme et du citoyen, suffit pour la garantir et l’exprimer. Bref, tout sujet est-il de facto vraiment susceptible de la reconnaissance de sa propre universalité dans l’...

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