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La corrélation en russe : structures et interprétations

structures et interprétations

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Olga Inkova

Cette étude est consacrée à un phénomène aussi bien syntaxique que sémantique qui, à ce jour, n’a fait l’objet d’aucune analyse spécifique en linguistique russe. En effet, bien que régulièrement évoquée – mais souvent de manière sporadique – dans les grammaires et diverses études sur la syntaxe de la subordination en russe, la corrélation n’a jamais donné lieu à une analyse systématique.
L’originalité de l’ouvrage réside également dans l’approche adoptée : au lieu de mettre l’accent, comme c’est souvent le cas dans la littérature linguistique sur la question, sur le mode de liaison des prédications dans les structures corrélatives, la définition de la corrélation se fonde sur le fonctionnement spécifique des marqueurs de liaison, les corrélateurs. L’approche sémasiologique proposée a surtout l’avantage d’unifier le traitement des corrélateurs russes et d’éviter certaines contradictions manifestes de leurs descriptions actuelles, majoritairement onomasiologiques. Une part importante de l’ouvrage est consacrée à la sémantique des structures corrélatives.
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3.3.2 Postol’ku/poskol’ku et nastol’ko/naskol’ko

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3.3.2Postol’ku/poskol’ku et nastol’ko/naskol’ko

3.3.2.1Postol’ku/poskol’ku

Dans leur forme actuelle postol’ku et poskol’ku ne font leur entrée dans les dictionnaires qu’à la fin des années trente du XXe siècle. Ils sont néanmoins attestés dans des textes beaucoup plus tôt, mais dans une forme un peu différente : écrits en deux mots et sans « s », respectivement po toliku et po koliku. Dès le début ces corrélateurs manifestent leur caractère ambigu, à cheval entre la quantification et la cause, notamment avec les propriétés sujettes à variation de degré ou de quantité, comme en (151) :

La valeur quantitative des corrélateurs est due à celle de l’adjectif kolikъ ‘quantus’ et de tolikъ, son corrélat démonstratif ‘tantus’, dont ils sont dérivés. Leur valeur causale est liée à la sémantique de la préposition po qui régit le datif, d’où la forme en –u des conjonctions, à la différence des autres dérivés en –o d’origine adverbiale. Le vieux russe, de même que le vieux slave dans poneže, conjonction d’origine démonstrative en *je, utilise en effet la préposition po pour l’expression de la cause et l’utilisera par la suite pour former de nouvelles conjonctions causales, en particulier potomu čto ‘parce que’.

Postol’ku et poskol’ku ont donc traversé plusieurs étapes dans leur évolution formelle. La première attestation de la forme po toliku donnée par le Dictionnaire du vieux...

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