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Camus et l’antiquité

Martin Rodan

Camus écrit dans ses Carnets : « Nous devons à l’antiquité le peu que nous valons. » En se référant aux vastes lectures et aux nombreux commentaires d’Albert Camus sur les œuvres philosophiques et littéraires gréco-latines et sur la Bible, ce livre entend montrer que l’antiquité constitue pour Camus le sol fertile dans lequel ses forces créatrices s’enracinent, le terreau où son œuvre prend corps : plus il s’inspire de l’antiquité, plus son œuvre devient originale. Une analyse détaillée de ses œuvres philosophiques (Noces, Le Mythe de Sisyphe, L’Homme Révolté) et littéraires (L’Etranger, L’Exil et le Royaume, La Chute), permet à l’auteur de cet ouvrage de reconsidérer les thèmes majeurs de la pensée de Camus comme le bonheur, l’absurde et la révolte, et d’appréhender sous un jour nouveau ses grands personnages littéraires, tels Meursault, Caligula, Janine ou Clamence.
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Chapitre deuxième : Plotin et Saint-Augustin

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Si Nietzsche et Grenier ont initié Camus à l’étude de l’Antiquité, le sujet de son mémoire dont il entreprit la rédaction dans les années 1935-1936 l’y a littéralement plongé. Camus se propose d’étudier « la Métaphysique chrétienne et le Néoplatonisme ». On voit donc qu’il s’agit d’un sujet suffisamment vaste dans le cadre d’un Diplôme d’Etudes supérieures et même que plusieurs thèses d’Etat ne suffiraient pas à l’épuiser. L’impressionnante bibliographie qui clôt ce travail témoigne de l’étendue des recherches entreprises. Camus était lui-même conscient que la « matière » de son mémoire « était trop vaste pour qu’il y eût l’espoir d’apporter les réponses définitives » (I, 1075). Avec quel état d’esprit s’est-il lancé dans cet énorme travail ?

Paul Viallaneix écrit qu’il commence ses recherches « avec une vigueur toute paulinienne » (1968, 188). Cette passion, cette volonté tenace de parvenir à la racine des choses, permet à Camus de ne pas être noyé par la quantité des documents qu’il consulte. En ce sens, les préparatifs de sa thèse constituent pour lui un véritable chemin de Damas qui lui révèle l’importance de l’Antiquité. En effet, Camus ne se laisse pas longtemps aveugler par la multitude des données qu’il doit examiner. Au delà d’elles, il cherche en quoi consiste l’originalité substantielle du christianisme et de l’hellénisme. Cette quête permanente des enjeux fondamentaux de son sujet lui sert de « fil d’Ariane...

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