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Camus et l’antiquité

Martin Rodan

Camus écrit dans ses Carnets : « Nous devons à l’antiquité le peu que nous valons. » En se référant aux vastes lectures et aux nombreux commentaires d’Albert Camus sur les œuvres philosophiques et littéraires gréco-latines et sur la Bible, ce livre entend montrer que l’antiquité constitue pour Camus le sol fertile dans lequel ses forces créatrices s’enracinent, le terreau où son œuvre prend corps : plus il s’inspire de l’antiquité, plus son œuvre devient originale. Une analyse détaillée de ses œuvres philosophiques (Noces, Le Mythe de Sisyphe, L’Homme Révolté) et littéraires (L’Etranger, L’Exil et le Royaume, La Chute), permet à l’auteur de cet ouvrage de reconsidérer les thèmes majeurs de la pensée de Camus comme le bonheur, l’absurde et la révolte, et d’appréhender sous un jour nouveau ses grands personnages littéraires, tels Meursault, Caligula, Janine ou Clamence.
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Chapitre huitième : Le Christ

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Rien n’est plus délicat que d’écrire sur la figure centrale du Nouveau Testament qui, pour plusieurs raisons, inspira Camus. Tout d’abord parce que Camus, par sa formation et sa conviction, n’est pas un auteur chrétien. Son étude des Evangiles n’est pas orientée dans une perspective chrétienne, telle qu’elle s’est formée pendant de longs siècles. Il examine le Nouveau Testament du dehors, pour ainsi dire extra ecclesiam. Comme le dit Paul Viallaneix : « il [Camus] lut, seul, la Bible et la lut d’autant mieux » (1968, 188). Nous devons donc distinguer soigneusement les opinions de Camus sur le Christ et celles sur le christianisme et éviter de les confondre. Autre difficulté : le Christ n’était pas pour lui un préalable incontestable, un axiome, comme c’est le cas chez les écrivains éduqués dans une atmosphère religieuse. Par conséquent, son influence et celle du christianisme sur l’écrivain sont progressives et se développent à partir d’impulsions diverses. En effet, il faut distinguer au moins trois étapes dans la vie de Camus de son attirance pour le Christ et son enseignement, toujours dans une perspective autre que chrétienne. Si l’on essaie de résumer ces trois étapes, on voit qu’elles s’organisent de la façon suivante : d’abord l’époque du Diplôme d’Etudes Supérieures, puis celle de L’Etranger et de Caligula, enfin celle de L’Exil et le Royaume et de La Chute. De plus, il ne faut pas oublier que le Christ influen...

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