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Des personnages et des hommes dans la ville

Géographies littéraires et sociales

Sylvie Freyermuth and Jean-François Bonnot

Les diverses facettes de la ville se donnent à voir non seulement à travers les travaux des sociologues, des historiens, des géographes, mais également à travers la littérature. En croisant ces approches, les auteurs renouvellent l’éclairage critique des notions de lieu et de non-lieu, d’habitable et d’inhabitable, d’entre-soi, de désaffiliation, ou encore d’errance. Cette approche de l’urbain fait appel aux données de la mémoire orale et s’ancre dans une histoire des traces, dans l’infra-historique et dans les représentations de la spatialité intime. La première partie du livre réévalue la place de l’individu dans les conurbations industrielles et postindustrielles. La deuxième est consacrée à l’examen des réseaux urbains et à la mise en perspective littéraire de quartiers emblématiques, alors que la troisième traite des processus « d’infection » et de « contamination » à l’œuvre dans les centres urbains et analyse les mécanismes d’innovation et de blocage sociaux et linguistiques. Dans la quatrième partie, sont examinées les frontières symboliques et la déconstruction du tissu social traditionnel dans le Montbéliard des années soixante, de même que les destinées d’un groupe d’ouvriers dans la vallée du Doubs en voie d’industrialisation ; enfin, un fait-divers criminel exemplaire éclaire les modalités de la cohabitation houleuse entre sédentaires et gens du voyage dans la seconde moitié du siècle industriel.
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Chapitre 7: Plans de villes

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PLANS DE VILLES

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Lorsqu’on s’intéresse à l’évolution des plans de ville sur une durée suffisamment longue, on constate que les nouveaux programmes d’occupation des sols remplacent fréquemment l’ancien bâti par des constructions ou des formes de gestion de l’habitat qui créent une discontinuité telle qu’elles compromettent non seulement l’homogénéité visuelle de l’ensemble (ce qui est un moindre mal et peut même produire des effets de contraste intéressants) mais sa cohérence en tant que projet urbain. Les rues du Paris de la première moitié du XIXe siècle n’avaient été qu’en partie réaménagées par Haussmann. À quelques dizaines de mètres des grands boulevards et des places nouvellement inaugurés, le second Empire laissa subsister des quartiers entiers, conservant l’essentiel de leur structure originale, comme le relèvent Fijalkow et Oberti : « Le façadisme des percées haussmanniennes laisse donc des îlots dans la misère. Le fameux clivage est/ouest entre le Paris “patron” et le Paris “ouvrier”, montré dès 1873 par l’Atlas des parisiens de Loua Toussaint, masque l’existence d’îlots insalubres au coeur de la capitale, dans les immeubles sur cours ou à l’arrière des boulevards. Aujourd’hui encore, ceux-ci cachent derrière leurs façades respectables des formes d’occupation modestes : chambres de bonne désertées par la domesticité et occupées par une population d’étudiants, de chômeurs et d’étrangers. » (2001, p. 11) C’étaient là autant de traces de l’ancienne cité où les îlots,...

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