Show Less
Restricted access

Enjeux identitaires en mutation

Europe et bassin méditerranéen

Series:

Edited By John Tolan, Hassen El Annabi, Benaouda Lebdai and Franck Laurent

Les travaux réunis ici sont les fruits de deux rencontres entre chercheurs tunisiens et français : la première au Centre d’Etudes et de Recherches Economiques et Sociales de Tunis à Tunis en mai 2010 et la deuxième à la Maison des Sciences de l’Homme Ange Guépin à Nantes en juin 2011.
Le concept d’une « identité » nationale ou ethnique (et l’assimilation de l’une à l’autre) est bâti, en particulier au XIX e siècle en Europe, sur la base des histoires de « nations » dont on cherchait les origines dans l’antiquité. Certains des travaux réunis ici mettent en lumière les processus de constructions d’identités nationales au XIX e siècle, que ce soit l’idée les visions nationalistes de l’histoire française, ou la tension, dans la Tunisie du protectorat, entre identité « nationale » tunisienne, identités arabes ou musulmanes, et la réalité du protectorat français. Ce sont les moments d’implosion ou de démantèlement de grandes unités transnationales qui exige un travail sur des identités nationales soit nouvelles, soit anciennes mais remises au goût du jour et revêtues d’une importance accrue : la décolonisation, puis l’implosion de l’URSS ont donné lieu à de nouvelles constructions identitaires plus ou moins solides. Si en France comme en Tunisie des questions d’« identité » politique, nationale, religieuse, font l’objet d’interrogations et de polémiques, les essais réunis ici nous permettent de prendre du recul et de mettre ces phénomènes en perspective.
Show Summary Details
Restricted access

Une identité restaurée en Bretagne : la fête de l’andouille: Joël-William Guibert, Christophe Lamoureux

Extract

Une identité restaurée en Bretagne : la fête de l’andouille

Joël-William GUIBERT Christophe LAMOUREUX

La fête pourrait figurer au rang des thèmes futiles si elle ne relevait d’une tradition scientifique bien établie. En sociologie, Emile Durkheim luimême a ouvert la voie1 avant que, bien plus tard, Jean Duvignaud revendique l’idée de sa légitimité2. Il faut en outre souligner, directement ou indirectement à propos de la fête, les apports décisifs de l’ethnologie, depuis Arnold Van Gennep3 jusqu’à Claude Levi Strauss4 en passant par Marcel Mauss5. Les historiens ne sont pas en reste avec des auteurs à succès : Emmanuel Le Roy Ladurie6, Jacques Le Goff7, Alain Corbin8. Les connaissances sur la fête sont donc bien réelles mais il reste possible d’insister sur certaines réalités d’hier et d’aujourd’hui. La fête de l’andouille de Guémené-sur-Scorff en donne l’occasion.

Pendant une longue période, un siècle peut-être, sous l’effet conjugué de l’industrialisation, de l’urbanisation, du déclin des communautés paysannes mais aussi des deux guerres mondiales, les fêtes publiques ont périclité. Depuis les années soixante-dix, les fêtes calendaires rythmant les saisons, les fêtes patronales placées sous la protection d’un saint, les fêtes ← 169 | 170 → rurales, les mi-carêmes et même les foires, à la même étymologie, sont à nouveau à l’honneur. Elles produisent notamment un ensemble d’attitudes autour du corps (danses, jeux, banquets, d...

You are not authenticated to view the full text of this chapter or article.

This site requires a subscription or purchase to access the full text of books or journals.

Do you have any questions? Contact us.

Or login to access all content.