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Entre linguistique et anthropologie

Observations de terrain, modèles d’analyse et expériences d’écriture

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Danielle Londei and Laura Santone

A distance de plus d’un demi-siècle de la célèbre Conférence des Linguistes et des Anthropologues (1952), qui souda officiellement les liens entre Jakobson et Lévi-Strauss en inaugurant un nouveau tournant épistémologique, cet ouvrage se propose de vérifier, d’une part, si le débat entre linguistes, anthropologues, mais aussi spécialistes de la communication, se poursuit, et, d’autre part, d’identifier les différentes modalités selon lesquelles la dimension linguistique et la dimension culturelle se rejoignent, s’opposent ou se croisent encore aujourd’hui. Dans le paysage « globalisé » de notre temps, quels nouveaux éclairages peuvent nous offrir ces deux champs? Les contributions à ce collectif configurent une perspective réflexive qui met au jour la pluralité des points de vue et des postures d’observation, des modèles d’analyse et des expériences d’écriture engendrant des pratiques tout aussi diversifiées d’interprétation, de traduction et de négociation du sens entre des médiateurs de langage. Ces « lectures du monde » nous engagent à maintenir le dialogue entre linguistes et anthropologues en termes de nécessité interdisciplinaire et à le concevoir comme un instrumentheuristique de recherche indispensable à l’appréhension de processus sociaux, langagiers et culturels complexes que les chercheurs se donnent pour tâche commune de comprendre et de faire comprendre.
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Anthropologie et linguistique : influences, séparations et dialogues: Alessandro Duranti

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ALESSANDRO DURANTI

University of California, Los Angeles

Au début du vingtième siècle naissent deux projets foncièrement différents dans l’étude de la langue en tant que faculté humaine et des langues comme réalisations historico-naturelles de cette faculté : un projet nord-américain (aux Etats-Unis et au Canada), fondé par le géographe Franz Boas, s’étant converti en linguiste et en ethnographe « sur le terrain », et un projet saussurien ayant pour but de repenser, en lui donnant un plus juste dimensionnement, la linguistique historique des langues indo-européennes et légitimer une linguistique synchronique. Dans les deux cas on se trouve face à de véritables « révolutions scientifiques » (selon l’acception de Khun). Aussi bien Boas que Saussure veulent qu’on réexamine le concept même de langue et la façon de faire de la linguistique, mais ils le font dans des contextes différents, avec des conséquences qui avec le temps amèneront à un conflit entre la linguistique autonome et la linguistique contextuelle. Dans le contexte nord-américain ce sera Chomsky qui, en partant de la linguistique structuraliste de Harris, représentera une version saussurienne de la linguistique synchronique avec des tons cognitivistes, qui resteront vagues, tandis que les travaux de Boas ouvriront la voie qui permettra à la linguistique nord-américaine de naître et de se développer à l’intérieur des départements d’anthropologie, une confluence impensable, jusqu’aux temps récents, dans le contexte européen. On verra...

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