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Entre linguistique et anthropologie

Observations de terrain, modèles d’analyse et expériences d’écriture

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Danielle Londei and Laura Santone

A distance de plus d’un demi-siècle de la célèbre Conférence des Linguistes et des Anthropologues (1952), qui souda officiellement les liens entre Jakobson et Lévi-Strauss en inaugurant un nouveau tournant épistémologique, cet ouvrage se propose de vérifier, d’une part, si le débat entre linguistes, anthropologues, mais aussi spécialistes de la communication, se poursuit, et, d’autre part, d’identifier les différentes modalités selon lesquelles la dimension linguistique et la dimension culturelle se rejoignent, s’opposent ou se croisent encore aujourd’hui. Dans le paysage « globalisé » de notre temps, quels nouveaux éclairages peuvent nous offrir ces deux champs? Les contributions à ce collectif configurent une perspective réflexive qui met au jour la pluralité des points de vue et des postures d’observation, des modèles d’analyse et des expériences d’écriture engendrant des pratiques tout aussi diversifiées d’interprétation, de traduction et de négociation du sens entre des médiateurs de langage. Ces « lectures du monde » nous engagent à maintenir le dialogue entre linguistes et anthropologues en termes de nécessité interdisciplinaire et à le concevoir comme un instrumentheuristique de recherche indispensable à l’appréhension de processus sociaux, langagiers et culturels complexes que les chercheurs se donnent pour tâche commune de comprendre et de faire comprendre.
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La forêt de plumes et les six côtés du monde. La pensée linguistique et anthropologique de Giorgio Raimondo Cardona: Corrado Bologna

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CORRADO BOLOGNA

Università Roma Tre

« Personne n’est indispensabile », disait Giorgio. Il le disait souvent, avec la sagesse socratique et la sereine ironie qui se multipliait sur son beau visage couronné de cheveux bouclés, les yeux luisants et la bouche souriante entre barbe et moustache couleur de carotte, ceux d’un philosophe ancien.

C’était lui qui avait raison, comme d’habitude : personne n’est indispensable. Maintenant qu’il n’est plus là – depuis un temps que je définirais immémorial si la mémoire ne faisait rempart à la fugue et à la chute dans l’oubli de tant de temporalité vide de lui, comblée de tant d’absence – maintenant qu’il n’est plus là, depuis un quart de siècle exact (c’était le féroce trou noir de la mi-août de 1988), je m’en rends compte : il avait parfaitement raison. Cependant ma réflexion ne veut pas être génériquement dolente comme le trémos d’un ami encore blessé. Cela signifie que, comme il arrive pour tous les grands maîtres, l’héritage de Giorgio ne consiste pas uniquement en livres et en idées, en mots et en découvertes. Il est fait de constatations d’absence aiguë et de présence vivante ; c’est un héritage dans la façon de penser la vie, avant même que dans la recherche, dans l’étude.

Giorgio n’était pas qu’un grand linguiste : il était avant tout un grand anthropologue. Bien en deçà du plan scientifique...

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