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De l’idéologie monolingue à la doxa plurilingue : regards pluridisciplinaires

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Hervé Adami and Virginie André

Le plurilinguisme est l’objet de toutes les attentions scientifiques en sociolinguistique et en didactique des langues etrangères. Il est également l’objectif affiché des politiques éducatives d’un grand nombre d’Etats européens qui suivent en cela les préconisations du Conseil de l’Europe. Le vent ayant tourné en faveur de la « pluralité », sous toutes ses formes, le plurilinguisme est devenu une notion à la mode puisqu’il s’inscrit dans le sacro-saint « respect de la diversité » qui constitue le socle idéologique de la bien-pensance d’aujourd’hui. Dans cette communion collective autour des bienfaits et des avantages du plurilinguisme, on a oublié qu’il devait constituer un objet d’étude plutôt qu’un objet de culte.
Cet ouvrage n’est pas une contribution de plus sur le plurilinguisme mais une analyse à la fois des discours scientifiques portés sur le plurilinguisme et des politiques linguistiques et éducatives menées au nom de la pluralité des langues. C’est un ouvrage qui entend bousculer la nouvelle doxa plurilingue et enrayer le cycle de reproduction sans fin des discours convenus sur le plurilinguisme.
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L’hégémonie de l’anglais en situation de travail : une contrainte inéluctable ?

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Introduction

Depuis le tournant néo-libéral des années 1980 impulsé par les Etats-Unis de R. Reagan et la Grande-Bretagne de M. Thatcher, le monde est en interconnexion permanente. Ce que la doxa libérale appelle « libéralisation des échanges » est en fait l’ouverture du champ planétaire à la concurrence totale et à la libre circulation des marchandises et des capitaux. Les institutions internationales, politiques et économiques, du Fonds Monétaire International (FMI) à la Banque Mondiale, en passant par l’Union Européenne ainsi que les Etats, qui se dépossèdent de leurs souverainetés, organisent ce grand mouvement vers un monde où la loi qui règne est désormais celle du plus fort. Dans ce cadre, les entreprises sont en première ligne : les plus faibles succombent ou sont avalées par les prédateurs tandis que les plus fortes imposent leur pouvoir. Dans ce jeu de chamboule-tout, la question de la langue dominante de la mondialisation pourrait sembler tout à fait secondaire, voire saugrenue, tant les conséquences économiques et sociales sont graves. Pourtant, il n’en est rien. La domination symbolique et pratique de l’anglais, langue officieuse de la mondialisation capitaliste, n’est pas un épiphénomène mais un élément majeur aux conséquences humaines et sociales très importantes.

Les entreprises en France n’échappent bien sûr ni à la prédation économique ni à la domination de l’anglais. Nous voudrions dans cette contribution tenter de décrire l’immixtion de l’anglais...

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