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L’Empreinte de la Bible

Récritures contemporaines de mythes bibliques en littérature de jeunesse

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Danièle Henky

La Bible fut un réservoir d’histoires à destination des enfants dès le Moyen Âge en Occident. Aujourd’hui, on puise toujours dans la Genèse ou dans le Nouveau Testament, actualisant des textes fondateurs, afin de les intégrer dans des livres pour la jeunesse. Parodiée, commentée, réinterprétée, la Bible continue de s’offrir comme une sorte de grand vivier de mythes littéraires auquel l’écrivain, qu’il soit croyant ou non, ne se prive pas de recourir.
L'étude des écarts entre le texte originel et sa récriture, pratiquée ici essentiellement à partir d’un corpus d’ouvrages francophones, témoigne des mouvements qui affectent la culture du temps et permet de pointer la manière de faire des auteurs, les effets produits sur l’ouvrage réalisé comme sur le mythe lui-même. Elle révèle aussi la dynamique du mythe biblique à l’œuvre dans les textes destinés aux jeunes et esquisse, parallèlement, une réflexion sur l’évolution de la jeunesse entre héritage et questionnements dans un contexte culturel en constante évolution.
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De l’inscription du motif biblique au cœur du récit

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Dans les ouvrages de littérature pour la jeunesse qui ont clairement un objectif initiatique, l’épreuve du bain lustral apparaît comme un rite de passage obligé au même titre que le thème de la séparation. Il rend compte d’une initiation traditionnelle destinée à faire passer le héros de l’enfance à l’âge adulte. Le Voyage au centre de la Terre de Jules Verne en offre un bon exemple275. Axel, le jeune protagoniste, est d’abord séparé de Graüben, jeune fille à laquelle il est promis, et de son univers familier afin d’entreprendre la quête qui fera de lui un homme. Cette séparation se fait dans la douleur et Axel, narrateur, la met dramatiquement en scène au moment où il s’apprête à descendre dans le Sneffels. Il jette un dernier regard au ciel d’Islande « que je ne devais plus revoir » écrit-il. Le jeu est voulu, dans une tonalité ambiguë, et solennise la séparation du héros avec le monde des vivants. Il s’agit d’une mort symbolique à sa vie d’adolescent. Au terme d’une autre série d’épreuves : le jeûne, la soif, l’errance dans le labyrinthe, doublement guidé par son tuteur, le professeur Lidenbrock, qui offre les ressources de l’intelligence rationnelle et par Hans l’Islandais complétant la figure symbolique de l’initiateur, Axel, au cœur du roman, se baigne dans une mer située profondément sous la terre. ← 183 | 184 →

Dans une immense grotte, Jules Verne imagine une...

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