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La genèse de la représentation ressemblante de l’homme

Reconsidérations du portrait à partir du XIII e siècle

Dominic Olariu

« Ce livre est le fruit d’un projet ambitieux visant à replacer l’émergence du portrait européen dans le contexte large d’une évolution où parmi d’autres facteurs les rites funéraires et les masques mortuaires jouent un rôle déterminant. « L’archéologie de la ressemblance » est ainsi la formule que l’auteur propose pour renouveler notre connaissance des débuts du portrait au XIIIe siècle, c’est-à-dire bien avant l’apogée du portrait individuel à la Renaissance. Par une transgression audacieuse des frontières du champ disciplinaire, l’enquête jette un éclairage inattendu sur l’environnement culturel qui favorisa l’apparition de ce genre visuel si caractéristique du continent européen. Le recours à la méthode étymologique enrichit tout particulièrement l’investigation en éclairant d’un jour nouveau les causes profondes de cette représentation figurée. Sur un sujet où tout déjà semblait avoir été dit, un arrière-plan aux multiples facettes se trouve ici mis au jour, qui d’une manière exemplaire révèle la complexité des facteurs intervenant dans l’histoire de la représentation figurée. » (Hans Belting)
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IV. Vers des reproductions ressemblantes Du vrai corps embaumé au faux corps reproduit

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IV.

Vers des reproductions ressemblantes Du vrai corps embaumé au faux corps reproduit

La déposition de la dépouille de Louis III d’Anjou dans une châsse transparente, comme celle de Jean XXIII et de sainte Bernadette, atteste le souci qui existait à l’époque de prolonger autant que possible l’exposition publique, et trahit simultanément la volonté de réaliser des reproductions du corps mort. De même, le redressement du corps conservé d’Anne de Habsbourg indique qu’un substitut plus maniable pouvait être souhaité. Étant donné que la dépouille était parfois exhibée derrière le verre cristallin pendant des décennies, voire des siècles, l’imitation de la dépouille dans un artefact devait s’imposer. L’exemple de Louis III est assez tardif par rapport aux premiers embaumements en cire dans le domaine catholique, mais nous savons grâce au Boncompagnus que des cas similaires étaient connus au plus tard en 1215, grâce aux « anciens palais de Rome et cavernes près de Naples ». 417

Or l’imitation des corps embaumés par des reproductions est attestée en outre par Boncompagno dans un passage où il rapporte que certains tombeaux copiaient effectivement la mise en catafalque : « les sépulcres des personnes les plus distinguées et des hommes les plus sages sont souvent décorés à la façon des lits de parade (« thalami ») ». 418 Le rapport entre les « lits de parade » représentés par les sépulcres et les...

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