Show Less

Apologétique 1650-1802. La nature et la grâce

Préface d’Antony McKenna

Series:

Edited By Nicolas Brucker

Tracer le panorama de l’apologétique à l’âge classique n’est pas chose facile, tant sont multiples les perspectives philosophiques et diverses les formes littéraires. La tentation est alors grande d’aligner les monographies. Le colloque de Metz (16-18 octobre 2008), dont sont issues les contributions du présent ouvrage, a choisi d’appréhender cette diversité foisonnante et mouvante en la soumettant à une unique approche, la question du croire. Tenant de l’imaginaire et du rationnel, la foi manifeste l’ambition de réaliser la synthèse du sentiment et de la raison. La théologie pascalienne de la grâce fournit des éléments de réponse pour faire cohabiter ces deux principes, constituant le matériau dont d’innombrables apologies se nourriront pendant plus d’un siècle. De 1650 à 1802, de Pascal à Chateaubriand, en contexte catholique comme en contexte protestant, la réflexion est inlassablement reprise sur la possibilité de rendre raison de sa foi à autrui, comme le demande saint Pierre (1 P 3, 15), alors que les progrès de l’histoire, de l’exégèse biblique ou des sciences de la nature en renouvellent les conditions. Mais peu à peu le sujet s’affirme comme la preuve première : son expérience de la foi, le témoignage qu’il en rend, l’espace de parole qu’il ouvre à l’autre, pour mettre ses idées en débat et engager un possible dialogue, sont les nouveaux moyens de la persuasion et de la conversion.

Prices

Show Summary Details
Restricted access

Avant-propos

Extract

Avant-propos Nicolas BRUCKER Université Paul Verlaine-Metz En traçant le panorama de l’apologétique à l’âge classique, grande est la tentation d’aligner les monographies, tant sont multiples les perspectives philosophiques et diverses les formes littéraires dans lesquelles elles s’incarnent. Le colloque de Metz (16-18 octobre 2008), dont le présent volume reproduit les actes, a choisi d’appréhender cette diversité foison- nante et mouvante en la soumettant à une unique approche, la question du croire. À la frontière entre imaginaire et rationalité, la foi n’abdique ses droits ni à l’une ni l’autre. Bien davantage, elle manifeste l’ambition de tenir de l’une et de l’autre. L’homme croyant se pense alors comme l’homme total, synthèse achevée du sentiment et de la raison : synthèse douloureuse pour les uns, synthèse heureuse, voire triomphante, pour d’autres. La théologie pascalienne de la grâce propose des éléments de réponse pour faire cohabiter raison et foi, évidence intellectuelle et élan du cœur, autorité et liberté, tout en niant la relation mécanique entre connaissance et foi. « Qu’il y a loin de la connaissance de Dieu à l’aimer » (Sel. 409). Tout tient à ce don, gratuit, donc injustifiable, impermanent et finalement mystérieux, qui, de la perfection divine à la misère humaine, doit apporter la guérison à la nature corrompue par le mal, sauver l’homme de son péché, et en le sauvant le créer une seconde fois. De cette théologie découle une apologétique, dont la méthode est...

You are not authenticated to view the full text of this chapter or article.

This site requires a subscription or purchase to access the full text of books or journals.

Do you have any questions? Contact us.

Or login to access all content.